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Lois anti-homosexualité: la Banque mondiale inquiète pour ses employés

La Banque mondiale (BM) a exprimé son inquiétude pour la sécurité de ses employés travaillant dans des pays réprimant l'homosexualité, selon un mémo interne consulté vendredi par l'AFP.

"Nous faisons notre maximum et nous continuerons à le faire pour nous assurer que tous nos employés sont en sécurité, quelle que soit leur orientation sexuelle", a indiqué le président de la BM, Jim Yong Kim, dans ce document daté de jeudi.

Cette prise de position intervient alors que la Banque mondiale a décidé jeudi de suspendre le versement d'un prêt de 90 millions de dollars à l'Ouganda après le vote d'une loi durcissant la répression de l'homosexualité, déjà passible de la prison à vie dans le pays.

"Ces cas de discrimination ne sont pas isolés: 83 pays dans le monde considèrent l'homosexualité comme illégale", a déclaré M. Kim dans ce mémo, ajoutant que les femmes étaient également victimes de discrimination "dans plus de 100 pays".

Ces discriminations "vont à l'encontre des principes de nos équipes", a ajouté le président de la BM.

L'Ouganda a réagi vendredi sur Twitter en accusant la BM de chantage. "La Banque mondiale est une institution multilatérale qui ne devrait pas faire chanter ses membres même petits", a déclaré le porte-parole du gouvernement Ofwono Opondo dans un premier tweet.

Dans un second tweet, il a assuré que "cette soi-disante +coupe+ est une tentative de chantage pour monter les Ougandais contre leur gouvernement".

Mastodonte du développement, la Banque mondiale dispose de nombreux bureaux permanents dans les pays du sud où elle envoie régulièrement ses équipes en mission.

"Notre attention ne doit pas se limiter" à ces pays, a toutefois assuré M. Kim dans une  tribune publiée par le Washington Post, pointant notamment le récent vote d'une loi aux Etats-Unis, en Arizona, permettant à des commerçants de refuser de servir des homosexuels. Le gouverneur de l'Etat a finalement opposé son veto à ce texte de loi.

M. Kim a également annoncé l'ouverture "dans les prochains mois" d'un large débat au sein de la Banque sur "l'impact" de ces discriminations sur ses projets de développement et sur le sort de ses employés homosexuels.

"Le combat pour éradiquer toute discrimination institutionnalisée est une tâche urgente", a déclaré le dirigeant.

Le durcissement de la répression des homosexuels en Ouganda a soulevé un tollé, notamment aux Etats-Unis, un des principaux donateurs du pays et actionnaire majoritaire de la Banque mondiale.

Mercredi, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a comparé cette loi à celles en vigueur dans l'Allemagne nazie.

AFP

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