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Centrafrique: les forces internationales se défendent de pouvoir tout faire

Les Centrafricains ne peuvent pas "tout attendre de la communauté internationale" pour pacifier leur pays livré à des violences meurtrières, a estimé jeudi le commandant des forces françaises à Bangui, à la veille d'une probable visite du président François Hollande.

Dans la matinée, un imposant convoi d'une cinquantaine de blindés et camions français a traversé la capitale, en provenance du Tchad, amenant des renforts aux 1.600 soldats de l'opération Sangaris.

Interrogé par l'AFP sur les déclarations mercredi de la présidente centrafricaine Catherine Samba Panza "exhortant" les forces française et africaine "à faire usage réellement des mandats" de l'ONU, le général Francisco Soriano, commandant de l'opération Sangaris, a répondu: "on ne peut pas tout attendre de la communauté internationale".

"Les Centrafricains doivent participer à la reconstruction de leur pays. Nous faisons déjà beaucoup. Maintenant, on est passé dans des opérations de sécurité intérieure où il faut qu'on implique davantage la gendarmerie et la police centrafricaines", a-t-il expliqué, en reconnaissant que les membres des forces de sécurité centrafricaines n'étaient pas payés.

"On travaille de plus en plus avec la gendarmerie pour la remettre en selle. C'est important de remettre en place l'autorité de l'Etat", alors que les administrations ne fonctionnent plus depuis des mois et ont totalement disparu de zones entières du pays, a-t-il souligné.

Cela fait bientôt un an que la Centrafrique a basculé dans le chaos, avec le renversement en mars 2013 du régime de François Bozizé par la coalition rebelle à dominante musulmane Séléka.

Des mois d'exactions perpétrés en toute impunité par des combattants Séléka contre la population majoritairement chrétienne ont abouti à la formation de milices d'auto-défense anti-balaka, déclenchant un cycle infernal de violences interreligieuses.

Ces violences ont provoqué une crise humanitaire sans précédent avec des centaines de milliers de déplacés et entraîné l'exode de dizaines de milliers de civils musulmans terrorisés.

 

- "Tous morts M. Hollande" -

 

Dans le quartier du PK-5, au centre de la capitale, des msulumans vivent retranchés, harcelés depuis des semaines par des anti-balaka armés de machettes. Jeudi ils laissaient éclater leur colère, affirmant que les soldats français ne les protègent pas. "Pas la peine de venir, nous sommes déjà tous morts M. Hollande", disait ainsi une femme en tchador. 

Mme Samba Panza avait estimé mercredi qu'il y avait une "spirale de violence exploitée par des gens qui n'ont pas intérêt à ce que la stabilité revienne dans ce pays".

Les propos de mme Samba Panza visaient notamment, le "coordonnateur" autoproclamé des anti-balaka, Patrice Edouard Ngaïssona, dont la police congolaise a annoncé jeudi l'arrestation au nord du Congo. Ancien ministre sous le régime Bozizé, il avait échappé à une tentative d'interpallation à Bangui, il y a une dizaine de jours.

"J'exhorte la Misca (force de l'Union africaine), Sangaris, à faire usage réellement des mandats qui leur sont donnés dans le cadre des résolutions des Nations unies pour mettre hors d'état de nuire ces éléments incontrôlés qui nous empoisonnent la vie", avait deamndé la présidente.

L'ONU a autorisé les forces internationales à "rétablir la sécurité et l'ordre public" en Centrafrique.

 - Chaque jour, des cadavres -

 

Mais les soldats français de l'opération Sangaris, qui ont perdu trois hommes depuis décembre, et ceux de la Misca - 19 tués depuis décembre - ne parviennent pas à mettre fin aux violences.

Mardi et mercredi, la Croix-rouge centrafricaine a encore ramassé onze cadavres, parfois atrocement mutilés, dans Bangui.

Le Parlement français a approuvé mardi une prolongation de Sangaris, le gouvernement reconnaissant que ses soldats étaient confrontés à des "difficultés considérables sur le terrain".

Paris plaide d'ailleurs pour le déploiement rapide d'une force de l'ONU de 10.000 hommes pour prendre le relais de Sangaris, de la Misca et de la force européenne dont le déploiement est attendu en mars.

Avec les renforts de 400 soldats, Sangaris va disposer de 2.000 hommes en Centrafrique. La Misca totalise environ 5.700 militaires. La force européenne devrait elle compter de 500 à 1.000 hommes.

Dans ce contexte, le président Hollande - en première ligne depuis le début de la crise pour faire intervenir la communauté internationale en Centrafrique, ancienne colonie française - devrait faire une halte à Bangui vendredi, à son retour du Nigeria.

 

AFP

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