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Ouganda: le chef de l'opposition critique la loi antihomosexualité

Le chef de l'opposition ougandaise, Kizza Besigye, a critiqué mercredi la loi antihomosexuelle récemment promulguée, estimant que l'homosexualité n'était pas "occidentale" et que la nouvelle législation visait à camoufler les problèmes du pays.

M. Besigye est une des premières personnalités d'Ouganda non issue des défenseurs de la cause homosexuelle à critiquer ouvertement la loi, adoptée à une écrasante majorité le 20 décembre par le Parlement ougandais et promulguée lundi par le président Yoweri Museveni, suscitant la réprobation des partenaires occidentaux du pays.

"L'homosexualité existe en Ouganda - c'est documenté - depuis bien avant tout contact étranger avec notre pays", a-t-il déclaré à l'AFP. "L'homosexualité est aussi ougandaise que n'importe quel comportement, ça n'a rien à voir avec les étrangers", comme l'affirment les défenseurs de la loi selon lesquels l'homosexualité est un comportement importé d'Occident.

"Chaque fois qu'il y a des questions controversées dans le pays, on met le sujet sur la table et tout le monde parle d'homosexualité et est détourné des vrais problèmes", tels que la hausse du taux d'infection au virus du sida, de la mortalité infantile, l'implication de l'armée ougandaise au Soudan du Sud ou les scandales de corruption, a-t-il ajouté.

M. Besigye, arrêté à d'innombrables reprises et qui dénonce un harcèlement policier constant à son égard, a néanmoins critiqué l'indignation des Etats-Unis et des pays européens, estimant que des droits humains "bien plus fondamentaux" que "le droit à l'orientation sexuelle" étaient violés quotidiennement en Ouganda.

"Le droit à la vie est bafoué sans arrêt en toute impunité et ils sont muets", a-t-il ajouté, affirmant qu'une législation antihomosexualité très sévère existait déjà depuis l'indépendance du pays et que personne n'a jamais été jugé ou condamné en vertu de cette loi.

Plusieurs pays - dont les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège et la Suède - ont annoncé le gel d'une partie de leur aide bilatérale à l'Ouganda en raison de la promulgation de la loi.

Les bailleurs "devraient avoir coupé leur aide depuis longtemps à cause de droits plus fondamentaux, pourquoi ne l'ont-ils pas fait?", a-t-il poursuivi, estimant qu'ils "donnent l'impression d'être concernés par un seul droit (...) alors que quand d'autres sont violés, ils s'en fichent".

AFP

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