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Centrafrique: le Parlement français vote la prolongation de l'opération Sangaris

Le Parlement devrait donner mardi son feu vert à la prolongation de l'opération militaire française Sangaris en Centrafrique, tout en réclamant un passage de relais accéléré à une force de maintien de la paix des Nations unies.

Une transition que Jean-Marc Ayrault a souhaitée rapide, la vocation de la France n'étant "pas de rester" en Centrafrique. S'exprimant à son arrivée à l'Assemblée nationale, le Premier ministre a dit demander "au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon de tout faire pour que le rythme de la mise en ½uvre de cette opération de maintien de la paix soit tenu".

Si les débats s'annoncent animés en raison des difficultés sur le terrain, l'ensemble des groupes parlementaires de l'Assemblée ont indiqué qu'ils voteraient en faveur de la prolongation de Sangaris, y compris les plus critiques comme le Front de gauche.

La logique d'un soutien aux forces françaises engagées dans une opération complexe a prévalu, malgré les vives critiques d'une partie de l'opposition sur la façon dont l'opération a été conduite. Au Sénat, où les débats qui relèvent de la défense sont relativement consensuels, la prolongation devrait également être votée.

Début décembre, le président François Hollande avait prédit une opération "rapide". Mais le gouvernement a reconnu depuis que "ça sera plus long que prévu". Si le niveau de violence a baissé à Bangui, le cycle des représailles entre chrétiens et musulmans a provoqué la fuite de dizaines de milliers de musulmans vers le nord et l'explosion de la criminalité en RCA.

Jean-Marc Ayrault interviendra vers 16H30 à l'Assemblée pour soutenir une opération qu'il juge "difficile, mais nécessaire" et sa déclaration sera lue par Laurent Fabius au Sénat. Le vote est attendu en fin de journée.

La consultation du Parlement est inscrite dans la Constitution pour les opérations extérieures qui se prolongent au-delà de quatre mois. Sangaris ayant débuté le 5 décembre, le vote aurait dû intervenir fin mars-début avril, mais les travaux du Parlement seront suspendus à cette période en raison des élections municipales.

 

Interrogations sur les effectifs

 

Au plus haut niveau, les militaires réclament la poursuite de l'opération pour consolider les progrès accomplis pour sécuriser le pays. Une intervention qui, selon le commandant de Sangaris, le général Francesco Soriano, devrait se poursuivre, "jusqu'à ce que l'opération de maintien de paix (de l'ONU) prenne le relais".

Plusieurs députés qui se sont rendus récemment à Bangui pointent des "erreurs d'appréciation" dans la préparation de l'opération et une "sous-estimation" des violences.

Des erreurs contestées par la présidente de la commission de la Défense de l'Assemblée, Patricia Adam (PS), selon laquelle l'action militaire de la France a permis d'"éviter le pire" et de sauver 50.000 vies de la "folie génocidaire" en Centrafrique.

Les interrogations étaient également nombreuses sur les effectifs français déployés - l'envoi de 400 soldats supplémentaires doit les porter à 2.000 -, jugés globalement insuffisants, et le montant de la facture, dont la France doit pour l'instant s'acquitter seule.

D'une manière générale, les parlementaires réclament une plus forte implication de l'Union Européenne et une accélération du processus des Nations unies pour déployer des casques bleus. Ban Ki-moon a rappelé la semaine dernière que le déploiement d'une opération de maintien de paix, "si elle est autorisée, prendra des mois".

A l'Assemblée nationale, les élus socialistes, écologistes et radicaux de gauche avaient déjà indiqué qu'ils voteraient pour. La grande majorité des députés et sénateurs Front de gauche se prononcera également pour, car "retirer les soldats français aujourd'hui serait catastrophique pour la population", a indiqué mardi leur chef de file à l'Assemblée, André Chassaigne.

Les centristes de l'UDI voteront en faveur de la prolongation, tout en exprimant des "réserves".

Très critique, le groupe UMP se prononcera également pour, car selon son président Christian Jacob "le vote UMP ne peut être fondé sur un règlement de comptes à l'égard du gouvernement".

Le nombre de votes défavorables au sein de l'opposition devrait donc être très faible, les abstentions un peu plus nombreuses. L'ancien ministre UMP Bruno Le Maire a indiqué qu'il voterait contre.

Les Français restent partagés sur leur soutien à l'opération française : 42% s'y déclarent favorables, soit sensiblement autant que début janvier (41%), selon un sondage Ifop pour Sud Radio publié avant le vote.

AFP

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