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Des Centrafricains face à un soldat de l'opération française Sangaris, Bangui. REUTERS/Luc Gnago
Des Centrafricains face à un soldat de l'opération française Sangaris, Bangui. REUTERS/Luc Gnago

Voici pourquoi la France s'est trompée en Centrafrique

Avec Sangaris, elle pensait pourvoir se limiter à désarmer les rebelles. Rien ne s'est passé comme prévu.

La capitale centrafricaine connaît une nouvelle explosion de violences ce jeudi. Selon l’Agence France Presse, des tirs nourris d’armes automatiques étaient entendus aux abords de l’aéroport de Bangui. Selon la même source, ces tirs auraient opposé des soldats de la force africaine Misca à des miliciens anti-balaka retranchés dans des quartiers proches de l’aéroport. Une centaine de personnes vivant dans l’immense camp de déplacés qui jouxte l’aéroport sont venues se réfugier dans l’aérogare, entraînant une intervention des soldats français qui leur ont demandé de retourner dans le camp.

La milice anti-balaka, composée en majorité de chrétiens, a pris les armes l’été dernier, au départ pour se défendre des exactions des combattants majoritairement musulmans Séléka au pouvoir, notamment dans les provinces centrafricaines. Mais, rapidement, les anti-balaka se sont livrés aussi à des représailles contre les civils musulmans, accusés de complicité avec l’ex-rébellion.

Catherine Samba Panza, la présidente de transition a promis de leur «faire la guerre», mais avec un espoir plutôt mince. Les forces internationales présentes sur le terrain semblent «tétanisées» face aux tueries, comme l’explique dans une interview au quotidien Libération, Peter Bouckaert, directeur des urgences au sein de l’ONG Human Rights Watch (HRW).

Peter Bouckaert prend notamment l’exemple de la mission française Sangaris. Selon lui «les militaires français donnent surtout l’impression d’être tétanisés. Quand on leur a signalé que les musulmans allaient être massacrés dans le quartier de PK13 à Bangui, ils nous ont répondu qu’ils ne souhaitaient pas prendre parti dans ce conflit».

Le responsable de HRW ajoute:

«Les Français pensaient pouvoir se limiter à désarmer les ex-rebelles au cours d’une mission qui leur semblait simple au départ, conçue pour un succès rapide. Or rien ne s’est passé comme prévu et l’opération Sangaris se retrouve confrontée à un bain de sang dans le pays. Face à cette nouvelle réalité, les militaires français donnent surtout l’impression d’être tétanisés.»

Lu sur Libération

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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