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Au Mali, Mohamed VI veut peser sur la réconciliation nationale

Le roi du Maroc Mohamed VI a entamé mardi une visite officielle de cinq jours au Mali en crise, où son pays entend peser sur le processus de réconciliation nationale en cours face à son grand rival algérien, acteur majeur dans la région.

Le monarque a été accueilli en fin d'après-midi à l'aéroport de Bamako par le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, a constaté un journaliste de l'AFP. Une salve de 21 coups de canon, réservée aux hôtes de marque, a salué l'arrivée du roi, acclamé par des milliers de personnes massées le long de la route entre l'aéroport et le centre-ville.

En six mois, c'est le deuxième voyage au Mali du roi du Maroc, invité d'honneur du nouveau président Keïta à sa cérémonie d'investiture du 19 septembre 2013 à Bamako, après son élection en août.

Cette nouvelle visite se tient au moment où se déroulent à Bamako des réunions préparatoires à des négociations de paix avec les groupes armés du nord du Mali, dont la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

Ce mouvement a participé à la déstabilisation du Mali en lançant début 2012 une offensive dans le nord du pays avec des groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda, qui ont ensuite laminé la rébellion touareg et occupé cette région pendant neuf mois.

Les groupes jihadistes en ont en grande partie été chassés par une intervention armée internationale lancée le 11 janvier 2013 à l'initiative de la France, toujours en cours.

Une intervention soutenue par le Maroc  -  partenaire privilégié de la France -  qui, bien que n'ayant pas de frontière commune avec le Mali, est concerné par les menaces que font peser les groupes jihadistes sur toute la région, Maghreb et bande sahélo-saharienne.

Avec l'accord du président Keïta, le roi Mohamed VI a reçu le 31 janvier en audience Bilal Ag Achérif, secrétaire général du MNLA, l'incitant au dialogue avec le gouvernement malien, alors que ce mouvement venait de claquer la porte d'une réunion "exploratoire" organisée à Alger avec les groupes armés du nord du Mali.

Selon le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed, "c'est à la demande personnelle du président malien que le roi a récemment reçu les responsables du MNLA, pour apaiser la situation. Nous ressentons déjà les résultats positifs de cette rencontre. Le Mali n'est la chasse gardée de personne, le roi est chez lui au Mali".

 

- Copération économique et religieuse -

 

Le Maroc entend ainsi disputer à l'Algérie, son rival historique, son rôle de médiateur traditionnel entre le pouvoir de Bamako et les rebelles touareg, commuanuté présente dans plusieurs pays de la région, dont l'Algérie. C'est à Alger qu'ont été conclus divers accords de paix avec de précédentes rébellions dans les années 1990 et 2000.

Bien qu'il ait quitté il y a trente ans l'Organisation de l'unité africaine (OUA), devenue Union africaine (UA,) pour protester contre la reconnaissance par cette organisation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD, soutenue par l'Algérie) sur un terroitoire revendiqué par le Maroc, le royaume chérifien s'investit de plus en plus en Afrique subsaharienne et notamment au Mali. Ce pays, qui soutenait la RASD, s'est aujourd'hui rangé du côté du processus de l'ONU en faveur d'une solution consensuelle concernant l'avenir du Sahara occidental.

Le Maroc est un des principaux partenaires économiques du Mali, en particulier dans les secteurs des télécommunications et bancaire. Les deux pays sont liés par plusieurs accords de coopération et la visite du roi sera l'occasion d'en signer de nouveaux.

Mais cette coopération entre deux pays musulmans ne s'arrête cependant pas à l'économie, puisqu'en septembre 2013 à Bamako, le roi Mohamed VI avait annoncé l'octroi de bourses à 500 Maliens, invités à venir au Maroc étudier un "islam de tolérance" pour devenir imams et contrer ainsi l'influence des islamistes radicaux au Mali.

Tierno Amadou Omar Hass Diallo, ministre malien délégué chargé du Culte et des Affaires religieuses, estime que pour lutter "contre le terrorisme, il faut travailler en amont et en aval". Selon lui, "la décision du Maroc de former des imams maliens, participe de cette démarche".

AFP

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