mis à jour le

Un groupe d'adolescents pratiquant du break dance à Tunis, REUTERS / Zoubeir Souissi
Un groupe d'adolescents pratiquant du break dance à Tunis, REUTERS / Zoubeir Souissi

Danser pour éviter l'extrémisme religieux

Pour faire sortir les jeunes de l'influence des salafistes, certains Tunisiens ont choisi la danse.

Depuis la révolution en Tunisie, la présence des extrémistes religieux est de plus en plus importante. Très actifs, ces groupes sont sans cesse à la recherche de jeunes recrues. C'est pourquoi l'association fondée par Nidhal Bouallagui tente de leur offrir une autre alternative. Et pour les attirer, ce jeune homme de 26 ans s’est tourné vers le breakdance. Une activité qui remporte un franc succès, d’après le New York Times.

C'est à Sidi Ali Ben Aoun qu'est née l'association, il y a 3 ans. Cette ville agricole très pauvre située à environ plus de 300 kilomètres de Tunis où les salafistes usaient de leur pouvoir dans le but de recruter des jeunes. Face à la montée de l'extrémiste, Nidhal Bouallagui et ses compagnons ont choisi une arme originale pour les combattre, la danse. Chaque samedi, ils donnent des cours de breakdance dans des locales de la commune au rythme des derniers tubes américains.

«Nous voulons étendre ce phénomène dans toute la Tunisie…  Nous voulons éradiquer la vieille mentalité des gens. Nous voulons que le cycle de la Tunisie change. Tout ce qui s’est passé depuis la révolution. On veut vivre comme on l’entend», a déclaré Alla Bouzid l'un des danseurs de break.

Vêtus comme les B-boys américains, Nidhal et ses amis disent ne rien avoir à reprocher aux salafistes, même s’ils reconnaissent qu’il existe une dimension terroriste au sein de leur organisation qui s’est rependue après la révolution, lorsque des prisonniers ont été libérés. Cependant, c’est sans violence et la tête pleine de projets qu’ils essayent de les combattre en organisant de nombreux évènements, des cours de breakdance qui ont contribué à leur popularité.

«Nous faisons de la danse, des sports extrêmes, du rap, du tag, du DJ-ing, de la photographie et du théâtre… On le fait parce qu’on veut travailler avec les gens. C’est du volontariat, il n'y a aucun avantage financier. Nous avons juste un principe, c’est de faire un truc nouveau», explique Nidhal.

Toutefois, tous les problèmes ne peuvent se résoudre avec quelques pas de danse. Le chômage, la corruption et la pauvreté font que Sidi Ali Ben Aoun les jeunes sont très influençables. Si ce n’est pas vers la religion qu’ils se tournent, c’est vers le trafic de drogue, relate le journal américain. Un commerce lucratif qui séduit de plus en plus d’enfants démunis.

Lu sur le New York Times

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

Ses derniers articles: Le site de la commission électorale piraté au Ghana avant l'annonce des résultats  Les girafes, ces «gentils géants» menacés d'extinction  L'Angola nomme sa nouvelle autoroute Fidel-Castro, mauvaise idée 

antiterrorisme

Actualités

Fadhel Saihi : La loi antiterrorisme ne peut être appliquée dans le cas des djihadistes

Fadhel Saihi : La loi antiterrorisme ne peut être appliquée dans le cas des djihadistes

Mali

L’Algérie à un devoir d’intervention au Nord-Mali

L’Algérie à un devoir d’intervention au Nord-Mali

Antiterrorisme

Pourquoi l'Afrique ne peut pas résister à la menace terroriste

Pourquoi l'Afrique ne peut pas résister à la menace terroriste

breakdance

AFP

Tunisie: l'amateur de breakdance devenu tueur, l'"énigme" de l'assaillant

Tunisie: l'amateur de breakdance devenu tueur, l'"énigme" de l'assaillant

danse

AFP

Violences

Violences

AFP

La danse classique entre sur scène dans le township de Soweto

La danse classique entre sur scène dans le township de Soweto

AFP

Danse de voyous, le pantsula sud-africain devient un art

Danse de voyous, le pantsula sud-africain devient un art