mis à jour le

Somalie : six morts dans un attentat islamiste visant un convoi de l'ONU

Au moins six personnes ont péri mercredi à Mogadiscio dans un attentat à la voiture piégée revendiqué par les islamistes shebab et visant un convoi de l'ONU à l'entrée du complexe ultra-sécurisée abritant l'aéroport international et le quartier-général de la Force de l'Union africaine (Amisom).

"Un véhicule a explosé près d'un convoi de véhicules de l'ONU, vers 12H30 (09H30 GMT) aujourd'hui près de l'aéroport international de Mogadiscio", a indiqué la Mission des Nations-unies en Somalie (Unsom). "Un véhicule de l'ONU a été endommagé mais aucun employé de l'ONU n'a été blessé. Quatre membres de l'escorte somalienne ont été légèrement touchés", a poursuivi l'Unsom.

Un porte-parole militaire des insurgés islamistes shebab, qui combattent les fragiles autorités somaliennes depuis 2006, a revendiqué l'attaque.

"C'était une opération menée par les shebab. Un frère a commis un acte sacrificiel pour défendre le peuple de Somalie. La cible était un convoi de l'ONU, selon nos informations plusieurs envahisseurs ont été tués", a déclaré Abdulaziz Abu Musab à l'AFP.

Une source onusienne a confirmé à l'AFP que le personnel onusien se trouvant dans le convoi était indemne, mais "secoué".

Mais la police somalienne a fait état de plusieurs civils tués et de nombreux blessés dans un premier bilan. 

"Au moins six personnes, essentiellement des civils, ont péri dans l'explosion de la voiture piégée, il y a beaucoup de victimes, dont des gens grièvement blessés (...) le bilan pourrait s'aggraver", a déclaré à l'AFP un responsable de la police somalienne, Said Mohamed.

"L'endroit était bondé quand l'explosion s'est produite", a-t-il expliqué. L'accès au terminal aéroportuaire étant strictement encadré, les proches se regroupent généralement à l'entrée du complexe, protégé par des blocs de béton, de murs antidéflagrations, et de barrières de contrôle, pour attendre les passagers.

- Complexe ultra-sécurisé -

La voiture a explosé devant le restaurant Villa Sultan, situé juste à l'entrée de l'aéroport, "tuant et blessant des passants innocents", a de son côté indiqué l'Amisom dans un communiqué condamnant l'attentat.

Du véhicule ne restait que le bloc moteur et l'essieu avant, le reste ayant été pulvérisé par l'explosion. Le sol était jonché de morceaux de métal. Plusieurs échoppes à proximité ont été touchées par l'explosion.

Outre l'aéroport et le QG de l'Amisom, le complexe aéroportuaire héberge aussi des bureaux de l'ONU et des antennes diplomatiques occidentales, dont la mission britannique, rouverte en avril 2013. Une équipe de conseillers militaires américains déployée depuis janvier en Somalie pour aider l'Amisom y est également basée.

En septembre 2009, les shebab qui occupaient alors une partie de Mogadiscio, avaient lancé une attaque suicide dite "complexe", impliquant des véhicules piégés lancés contre les protections et des fantassins kamikazes qui étaient parvenus à pénétrer dans l'enceinte aéroportuaire.

Ils avaient pu être stoppés à 200 m du terminal, où se trouvaient des diplomates internationaux de haut rang qui avaient rencontré une heure plus tôt, dans l'enceinte de l'aéroport, le président somalien de l'époque, Sharif Cheikh Ahmed. L'attaque avait fait cinq morts, deux soldats de l'Amisom et trois civils.

La capitale somalienne est régulièrement le théâtre d'attaques perpétrées par les shebab - liés à Al-Qaïda - depuis qu'ils en ont été chassés en août 2011 par l'Amisom.

Lundi à Mogadiscio, un garde avait été tué et un responsable militaire blessé dans les explosions séparées de deux bombes visant des responsables du gouvernement somalien.

Le 1er janvier, un double attentat à la voiture piégée devant un autre hôtel de Mogadiscio, fréquenté par des responsables somaliens et étrangers en visite dans la capitale somalienne, avait fait au moins onze morts.

Confrontés à la puissance de feu supérieure des forces africaines qui épaulent diverses milices alliées, les shebab ont abandonné le combat conventionnel au profit d'attaques de guérilla de plus en plus sophistiquées.

Depuis août 2011, les efforts conjuguées de l'Amisom, d'un contingent éthiopien et de milices somaliennes ont permis de chasser les shebab de la quasi-totalité de leurs bastions du sud et du centre somalien. Mais les islamistes continuent d'y contrôler de vastes zones rurales.

La Somalie est plongée dans le chaos et la guerre civile depuis la chute du président Siad Barre en 1991.

AFP

Ses derniers articles: Pour les Etats-Unis, la nomination de Mugabe comme ambassadeur de l'OMS "contredit les idéaux de l'ONU"  Algérie: Bouteflika exhorte la presse  Scandale après la nomination de Mugabe comme ambassadeur de l'OMS 

attentat

AFP

Attentat de Mogadiscio: Paris, Londres et l'UA assurent la Somalie de leur soutien

Attentat de Mogadiscio: Paris, Londres et l'UA assurent la Somalie de leur soutien

AFP

Somalie: au moins 20 morts dans un attentat

Somalie: au moins 20 morts dans un attentat

AFP

Attentat contre le président rwandais en 1994: la justice française ordonne une confrontation avec un nouvel accusateur de Kagame

Attentat contre le président rwandais en 1994: la justice française ordonne une confrontation avec un nouvel accusateur de Kagame

Islamiste

AFP

Boko Haram, de la secte islamiste au groupe armé

Boko Haram, de la secte islamiste au groupe armé

AFP

Mali: hommage aux victimes de l'attentat islamiste près de Bamako

Mali: hommage aux victimes de l'attentat islamiste près de Bamako

AFP

Tunisie: un parti islamiste radical appelle

Tunisie: un parti islamiste radical appelle

l'ONU

AFP

Rwanda: un comité antitorture de l'ONU interrompt sa visite en raison d'"obstacles"

Rwanda: un comité antitorture de l'ONU interrompt sa visite en raison d'"obstacles"

AFP

Sahara occidental: le nouvel émissaire de l'ONU visite les camps de Tindouf

Sahara occidental: le nouvel émissaire de l'ONU visite les camps de Tindouf

AFP

Le chef de l'ONU recommande 900 Casques bleus supplémentaires en Centrafrique

Le chef de l'ONU recommande 900 Casques bleus supplémentaires en Centrafrique