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Un sapeur congolais / AFP
Un sapeur congolais / AFP

Les sapeurs congolais retournent leur veste

Pour les ambianceurs congolais, il s'agit désormais de créer leurs propres vêtements. Convertibles si possible.

«J'aime Yohji Yamamoto et Issey Miyake. Mais, moi, je crée des habits très extravagants, plus extravagants qu'eux! Je fais des vêtements convertibles, qui changent de forme: entre autres, avec les boutons-pressions, un gilet peut devenir un sac», précise-t-il avec verve.

La grande joute vestimentaire des sapeurs se déroule chaque 10 février —anniversaire du décès de l'artiste Stervos Niarcos, inventeur de la religion kitendi (habillement, en lingala), décédé en France en 1995 dans une prison où il était détenu pour une affaire de stupéfiants.

Dans cet exercice, qui s'achève inlassablement avec des dizaines de sapeurs dansant sur les tombes du cimetière de la commune privilégiée Gombe (nord de Kinshasa), certains tirent leur épingle du jeu. Cédrick «100% Papier» Mbengi et Bwapwa «Kadhitoza» Kumeso en font partie.

Belle revanche pour 100% Papier qui, à ses débuts, était considéré comme un «fou». Le souriant tailleur Roger Bakandowa comptait d'ailleurs parmi les sceptiques, avant de retourner sa veste et de coudre les modèles de pantalons, salopettes, chapeaux ou chemises que dessine le jeune frigoriste...

«Ce qui m'intéresse dans la démarche de 100% Papier, Kadhitoza et d'autres, c'est qu'ils cherchent la personnalité des vêtements. Plus encore, ils affirment cette identité!», commente le photographe Yves Sambu, président du collectif Sadi, qui travaille régulièrement avec une dizaine de sapeurs.

L'une des fiertés de Kadhitoza est d'avoir habillé Papa Wemba, le fameux «roi de la sape». Problème, le grand chanteur de rumba a démenti l'information... «C'est parce que la marque n'est pas encore au top de la qualité», imagine Yves Sambu, qui dit avoir vu des images prouvant les dires du tailleur.

«Ce qui manque à ces sapeurs, poursuit le photographe, c'est du soutien pour avoir de bonnes finitions.» «Ce sont des initiatives qu'il faut encourager, renchérit Lydia Nsambayi. Mais ici, c'est toujours le problème de l'industrie: comme ça manque, tout reste artisanal.»

Reste que le succès semble se consolider. Cédrick Mbengi en vient à être sollicité davantage que d'autres sapeurs «classiques», suscitant des jalousies. Il a par ailleurs rassemblé quelques dizaines de personnes en décembre 2012 lors d'une exposition dans un quartier populaire.

Quant à Kadhitoza, une dizaine de disciples et quelques sapeurs portent sa marque. Et en attendant d'avoir une «petite industrie pour vendre partout dans le monde», il a placé quelques vêtements dans une boutique de l'aéroport international de Ndjili.

Slate Afrique avec AFP

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