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Centrafrique: neutraliser les milices, "si besoin par la force"

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a appelé mardi à Brazzaville les forces internationales déployées en Centrafrique à mettre fin aux exactions des milices "si besoin par la force".

"Il faut que l'ensemble des milices qui continuent aujourd'hui à mener des exactions, à commettre des meurtres, arrêtent", a-t-il dit à la presse en demandant aux forces françaises de l'opération Sangaris et africaines de la Misca d'"appliquer les résolutions des Nations unies, si besoin par la force".

"Nous poursuivons notre action de manière ferme pour l'avenir", a renchéri M. Le Drian, s'exprimant après un échange avec son homologue congolais Charles Richard Mondjo.

Cette mise en garde du ministre, qui fait une tournée régionale en Afrique centrale, intervient après plusieurs déclarations en ce sens de responsables militaires.  

Lundi, le commandant du contingent français en Centrafrique, le général français Francisco Soriano, avait déclaré que "ceux qui se disent +anti-balaka+ sont devenus les principaux ennemis de la paix en Centrafrique, ce sont eux qui stigmatisent les communautés".

Le général s'exprimait lors d'une rencontre publique à Bangui, la capitale centrafricaine, avec les principaux dignitaires religieux du pays.

Samedi, le chef de la force africaine en Centrafrique (Misca), le général camerounais Martin Tumenta Chomu, avait averti les "hors-la-loi"  et les "bandits" qu'ils trouveraient "en face d'eux les forces de la Misca pour mettre un terme à leurs agissements".

Les force française et africaine ne sont pas parvenues jusqu'à présent à mettre fin aux violences meurtrières intercommunautaires et aux pillages en Centrafrique.

La Misca, mission de l'Union africaine, compte actuellement environ 5.400 hommes - dont un millier de Congolais, le plus important effectif africain - sur les 6.000 prévus. L'opération Sangaris compte 1.600 soldats français. Ces forces agissent sous l'égide de l'ONU qui les a dotées d'un mandat autorisant l'emploi de la force en cas de menace directe sur la population civile.

Jean-Yves Le Drian a entamé dimanche une nouvelle tournée en Afrique centrale axée sur la poursuite de l'action militaire de la France pour stabiliser la Centrafrique et la réorganisation du dispositif français au Sahel.

Le ministre avait commencé sa tournée par le Tchad. Il s'est ensuite rendu lundi au Congo, médiateur de la crise en Centrafrique au nom des Etats de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC).

Mercredi, il est attendu à Bangui, où il rencontrera la présidente Catherine Samba Panza et les autorités de la transition.

Ce sera la troisième fois qu'il se rendra en Centrafrique depuis le début de l'opération Sangaris le 5 décembre.

 

AFP

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