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Les drones américains planent en Afrique de l'Est

Les Etats-Unis ont développé en Afrique de l’Est et dans la péninsule arabique un réseau de bases secrètes, dans le cadre de leur lutte contre le terrorisme.

Car la région est particulièrement affectée par ces phénomènes qui sont loin de décliner —bien au contraire. Ce programme témoigne de la nouvelle politique offensive de l’administration Obama face aux alliés d’al-Qaida en Somalie et au Yémen, selon des responsables américains cités par le Washington Post.

Les Etats-Unis peuvent compter sur l’Ethiopie et les Seychelles pour opérer dans la région. Les deux pays accueillent sur leur sol une base de drones américains. En outre, Washington utilise des drones depuis une base militaire à Djibouti, frontalier de la Somalie et de l'Ethiopie.

L’installation d’une base aux Seychelles remonte à 2009 et a fait l’objet de négociations dont la teneur a été révélée par les câbles diplomatiques de WikiLeaks. En fait, il s’agit d’un hangar doté d’une centaine de personnes, situé à côté du principal aéroport de passagers à Victoria, la capitale.

La flotte de neuf drones basés aux Seychelles est composée de MQ Reaper, capable de transporter des missiles ou des bombes guidées par satellite et d’œuvrer en Somalie. La dimension antiterroriste et offensive de ces appareils a été cachée à l’opinion publique aux Seychelles, d’après les câbles diplomatiques américains.

Officiellement, les autorités insulaires avaient indiqué qu’il était question de lutte contre la piraterie. En fait, des missions antiterroristes sont organisées en Somalie. La base avait cessé ses activités depuis avril 2011, et a rouvert il y a de cela un mois.

Du fait de sa situation géographique, l’Ethiopie est un partenaire idéal pour les Américains, qui sont en train d’y établir, là aussi, une base de drones. En fait, ce projet remonte déjà à près de quatre ans. Les menaces représentées par les milices shebab ont contribué à cette coopération:

«Nous avons de nombreux accords et intérêts à coopérer avec les Ethiopiens en terme de collecte de renseignements et de compétences linguistiques», affirme un ancien responsable militaire américain, expert de la région.

D’après le Wall Street Journal, «les autorités américaines s’inquiètent du fait qu'al-Qaida, sous la pression des Américains au Pakistan, se déplace pour étendre ses opérations à travers ses alliés en Afrique de l'Est, et un nouveau chef militant charismatique pourrait surgir».

Lu sur The Washington Post, Wall Street Journal