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Afrique du Sud: élections générales le 7 mai, l'ANC favori

L'ANC, le parti de Nelson Mandela au pouvoir depuis 20 ans en Afrique du Sud, sera le grand favori des élections générales du 7 mai, mais devra affronter l'impatience de l'électorat face à la corruption et la trop lente transformation du pays.

La date du scrutin, le cinquième depuis l'instauration de la démocratie, a été annoncée vendredi par le président Jacob Zuma, au pouvoir depuis 2009 et qui devrait, sauf révolution de palais, être la tête d'affiche de l'ANC et entamer un nouveau mandat de cinq ans.

Le président sud-africain est élu par le Parlement, et non au suffrage universel.

Depuis sa victoire écrasante en 1994, date à laquelle la majorité noire a voté pour la première fois dans l'histoire de l'Afrique du Sud, l'ANC a remporté toutes les élections nationales, fort de la fidélité de beaucoup d'électeurs au parti qui les a délivrés du régime raciste d'apartheid.

"Après vingt ans de pouvoir, les mouvements de libération ont tendance à vaciller. Nous, nous sommes plus forts qu'avant", s'est ainsi vanté début janvier M. Zuma, avec la verve mordante et populiste qui le caractérise à bientôt 72 ans.

Il s'est fixé comme objectif de repasser la barre des 70%, mais à lire les commentateurs, cela semble largement une gageure.

Au fil des ans, l'ANC a vu son score s'effriter (65,9% en 2009) au profit notamment du parti d'opposition libérale Alliance Démocratique qui espère faire chuter l'ANC dans la province clé du Gauteng, poumon économique du pays autour de Johannesburg-Pretoria.

Plusieurs facteurs barrent l'horizon de l'ANC. Le scandale de la résidence familiale du président Zuma, luxueusement agrandie aux frais du contribuable -- 13 millions d'euros--, tandis que les voisins n'ont ni eau ni électricité, n'est pas le moindre.

M. Zuma, blanchi in extremis d'accusations de corruption avant son arrivée à la présidence, est accusé de donner le mauvais exemple. Plusieurs ministres ou responsables policiers ont dû être remplacés après des abus de biens sociaux.

A l'échelon local aussi, la corruption et/ou l'incompétence sont régulièrement exposées au grand jour.

 

"Les élections de l'emploi"

 

Dans son rapport 2011-12, la Cour des comptes notait la mauvaise qualité des comptes de la plupart des municipalités et parlait même d'une régression.

En cause, "la lente réactivité des dirigeants politiques", "des vacances de postes à des fonctions clé", "l'absence de sanctions en cas de mauvaise performance ou d'infraction de la part des responsables municipaux et des leaders politiques".

Résultat, les émeutes se multiplient dans les townships mal desservis en eau, électricité ou routes goudronnées. Depuis janvier, elles ont occasionné la mort de neuf manifestants apparemment tués par la police. 

Le gouvernement, que le massacre des mineurs de Marikana --34 grévistes abattus par la police-- n'avait guère ébranlé en 2012, semble cette fois sur la défensive.

L'ANC devra aussi compter avec l'inconnue de la jeunesse, ces électeurs nés après l'apartheid, qui potentiellement forment un quart de l'électorat et dont il peut redouter l'apathie.

L'opposition de la DA entend aussi porter le fer là où la société sud-africaine souffre le plus: le manque d'emplois décents alors que la démographie sud-africaine augmente fortement, sans compter les immigrants.

Le chômage tourne officiellement autour de 25% mais il peut toucher la moitié de la population dans les zones les plus déshéritées où l'on survit grâce aux allocations enfant et vieillesse, seul changement tangible comparé à la vie d'autrefois.

"Ce seront les élections de l'emploi. Le 7 mai, les électeurs pourront décider quel parti a des politiques et la volonté d'en finir avec la corruption et de créer des emplois", veut croire la chef de la DA Helen Zille. 

Reste que M. Zuma n'a pas dit son dernier mot. 

Il cultive subtilement ses réseaux dans l'Afrique du sud profonde. Lui-même polygame, il se fait régulièrement le chantre des traditions, et ce n'est sans doute pas un hasard si la mort d'une soixantaine de jeunes garçons l'an dernier après des circoncisions traditionnelles mal faites n'a pas été suivie de poursuites majeures.

Symboliquement, il a lancé sa campagne en janvier en faisant miroiter à ses compatriotes noirs une nouvelle vague de redistribution des terres dont ils furent dépossédés du temps de la domination britannique et afrikaner.

La réforme devrait rouvrir le délai de réclamation jusqu'à décembre 2018, privilégiant les chefs traditionnels qui pourront réclamer le foncier au nom de leurs sujets.

Le texte sera examiné en priorité avant les élections, a annoncé l'ANC.

AFP

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