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Un enfant originaire de Tawergha dans un camp de réfugiés à Benghazi. REUTERS / Esam Al-Fetori
Un enfant originaire de Tawergha dans un camp de réfugiés à Benghazi. REUTERS / Esam Al-Fetori

Les damnés de la terre de Tawergha toujours dans la tourmente

Accusés d'avoir soutenu Kadhafi, les habitants de ce village libyen vivent dans la terreur, rejetés par le reste du pays.

Il sont chez eux sans vraiment être chez eux. Les habitants de Tawergha, les rares qu'il reste encore dans ce village du nord de la Libye depuis la guerre civile de 2011, sont interdits de séjour en leurs terres. La population, essentiellement noire avaiet été chassée de leurs foyers par les rebelles de la ville voisine de Misrata, brûlant les maisons et tout sur leur passage. Presque trois ans plus tard, leur situation ne s’est pas améliorée, elle a empiré. De ceux qui ont survécu aux assauts meurtriers des rebelles, beaucoup vivent encore dans des camps de réfugiés, à Benghazi notamment, comme le rappelle USA Today. D'autres sont détenus dans des prisons contrôlées par les mêmes rebelles.

Depuis la révolution, en effet, la vie de cette tribu est un cauchemar. Considérés comme des traites, ils sont accusés d'avoir soutenu l'ex-Guide, Mouammar Kadhafi. Cette situation a attiré l’attention de nombreuses ONG telles que Human Rights Watch, qui redoutent l’issue de ce conflit.

«Le déplacement forcé d'environ 40.000 personnes, les détentions arbitraires, la torture et les exécutions sont très répandues, systématiques et suffisamment organisé pour être considérés comme des crimes contre l'humanité et devraient être condamnés par le Conseil de sécurité des Nations Unies», a déclaré Human Rights Watch dans un rapport mars dernier.

Les Tawergha doivent faire face au racisme. D’après Jeune Afrique, ces noirs descendant d'esclaves subsahariens sont assimilés aux mercenaires africains autrefois employés par Kaddafi. Autant de faits non avérés qui rendent le retour de cette tribu dans leurs terres impossible. Malgré les mises en garde de l'ONU, le Conseil national de transition (CNT) est impuissant, influencé par les rebelles dont les pressions se font sentir jusqu’aux plus hautes sphères du nouveau gouvernement libyen.

Lu sur USA Today et Jeune Afrique

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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