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Burkina Faso: un groupe de médiation demande au pouvoir de "respecter la constitution"

Un groupe de médiation dirigé par l'ancien président Jean-Baptiste Ouédraogo a demandé mercredi au pouvoir de "respecter scrupuleusement la constitution", que les autorités souhaitent modifier afin de permettre la réélection du président Blaise Compaoré en 2015.

La médiation, qui s'est auto-saisie fin janvier afin d'"éviter que la crise politique actuelle ne dégénère en affrontements catastrophiques pour tous", a rencontré majorité et opposition lundi, d'après un communiqué rendu public mercredi.

Le groupe, dans lequel figurent notamment des autorités religieuses, a demandé aux deux parties de "respecter scrupuleusement la constitution" en "s'interdisant la révision de l'un et l'autre des articles déjà ancrés dans la loi fondamentale", d'après ce texte.

Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 26 ans, avait évoqué en décembre l'idée d'un référendum pour modifier l'article 37 de la constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Quelque 10.000 personnes selon la police, 100.000 d'après l'opposition, avaient manifesté le 18 janvier à Ouagadougou contre une telle mesure alors que la prochaine élection présidentielle est prévue dans un an et demi.

Arrivé au pouvoir en 1987 par un coup d'État, M. Compaoré, qui a effectué deux septennats (1991 et 1998) avant qu'un amendement modifiant la durée du mandat présidentiel ne lui permette d'être élu pour deux quinquennats (2005 et 2010), reste flou quant à ses intentions futures.

Le groupe de médiation a proposé l'adoption d'un mécanisme pour "ménager une sortie honorable" au président burkinabè, de même source.

Elle demande également l'acceptation d'"une formule de Sénat", voulu par le pouvoir mais que l'opposition rejette, soulignant qu'une "transition démocratique apaisée, acceptée de tous, passe inévitablement par des sacrifices de chacune des parties".

Une réunion entre la médiation, la majorité et l'opposition, initialement prévue mercredi, doit se tenir lundi prochain.

Jean-Baptiste Ouédraogo, qui a dirigé le pays, alors appelé Haute-Volta, de novembre 1982 à août 1983, avant d'être renversé par Thomas Sankara, lui-même déposé en 1987 par Blaise Compaoré, a indiqué jeudi craindre une "possible explosion sociale" de son pays.

AFP

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