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Le village de Teherd près de Tombouctou, novembre 2013. REUTERS/Adama Diarra
Le village de Teherd près de Tombouctou, novembre 2013. REUTERS/Adama Diarra

Ce qu'il reste à faire au Mali

Le pays se stabilise peu à peu, mais il risque de compromettre ses chances d'en finir avec la corruption et les abus de pouvoir.

La population malienne a besoin de voir des changements significatifs quant à la manière de gouverner le pays —dont une distribution de l’aide au développement plus juste, selon un nouveau rapport publié ce 5 février 2014. Le gouvernement malien et les donateurs se rencontrent à la conférence de Bruxelles, afin de discuter de l’avenir du pays.

L’ONG internationale Oxfam et plusieurs de ses partenaires de la société civile malienne ont ainsi cosigné un rapport intitulé «Ce qu’il reste à faire: quatre priorités pour une meilleure gouvernance au Mali». Il indique que les donateurs doivent s’assurer que la relation entre le gouvernement malien et les citoyens soit renforcée et plus transparente, équitable, juste et inclusive.

Les enjeux de Bruxelles

Selon Mohamed L. Coulibaly, directeur Pays pour Oxfam au Mali, «le Mali est à la croisée des chemins. Les décideurs qui se retrouvent à Bruxelles aujourd’hui doivent placer la justice, la réconciliation, la participation citoyenne et le développement équitable au centre de leurs discussions. Depuis longtemps, la société civile a œuvré dans ce sens, et nous sommes également prêt à travailler avec le gouvernement ».

En 2013, les donateurs présents à la conférence de Bruxelles s’étaient engagés à verser 3,2 milliards d’euros pour le développement et la reconstruction au Mali. Cependant, le montant exact des fonds transférés au Mali demeure difficile à évaluer, notamment à cause de la complexité des engagements. Si bien que l’on peut s’interroger sur le montant d’aide réellement disponible pour la stabilisation et reconstruction du pays, en particulier pour la France.

Démocratie et lutte contre la corruption

Les fonds reçus ont contribué à soutenir le processus électoral et quelques efforts de reconstruction. Cependant, beaucoup reste à faire pour assurer la restauration d’un ordre démocratique, d’une bonne gouvernance et mettre fin à la corruption.

Les organisations de la société civile maliennes et Oxfam veulent que ces promesses d’engagements soient soumises à un véritable suivi, conformément au standard de l’Initiative internationale pour la Transparence de l’aide (IITA).

Justice et réconciliation

«La paix et la stabilité dépendent de la justice et de la réconciliation. Avant même le début du conflit, les femmes et les hommes en situation de pauvreté n’avaient que peu accès à la justice en dehors de la capitale Bamako. Les donateurs et le gouvernement du Mali sont responsables de la transition vers la paix assurant l’accès à la justice pour tous, y compris les victimes d’exactions», déclare Ibrahima Koreissi, coordinateur national de l’association Deme So.

Le Mali compte seulement près de 270 avocats sur une population de 15 millions d’habitants et seulement quatre femmes dans un gouvernement de 34 ministres et une Commission pour la Vérité, la Justice et la Réconciliation qui n’est pas encore en état de marche. Les donateurs et l’Etat malien doivent s’engager vers le renforcement d’une justice plus efficace et à augmenter la participation des femmes au sein du processus politique.

Représentation des femmes

Pour Bintou Samaké, présidente de WILDAF-Mali, «les femmes maliennes doivent être équitablement représentées dans les prises de décisions, en commençant au niveau du gouvernement. Seulement 1% des maires au Mali sont des femmes. L’Union européenne a généreusement soutenu les élections présidentielles et législatives, il est important que les candidatures des femmes aux élections municipales d’avril soient spécifiquement soutenues par l’UE et les autres donateurs».

«La situation au nord du Mali demeure fragile. Les donateurs ne doivent pas oublier que plus de 800.000 personnes ont besoin d’une aide alimentaire immédiate en raison du conflit, de faibles récoltes et de pluies insuffisantes. Le Mali a besoin d’une réponse globale à ces nombreux défis auxquels il fait face», ajoute Mohamed L. Coulibaly.

Cet article a d’abord été publié sur le site d’Oxfam International

Oxfam International

Oxfam  est une ONG internationale qui s’emploie à trouver des solutions concrètes et innovantes pour que chacune et chacun puisse sortir de la pauvreté et se réaliser pleinement.

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