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Congo: l'opposition soupçonne Sassou de vouloir rempiler en 2016

L'arrestation en décembre d'un ancien haut responsable congolais a débarrassé le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, d'un rival encombrant, et l'opposition reproche désormais au chef de l'Etat d'utiliser l'affaire pour se maintenir en poste après 2016.

Le colonel Marcel Ntsourou s'est rendu aux forces de l'ordre le 16 décembre après plusieurs heures de violents combats ayant opposé l'armée à la petite milice qu'il s'était constituée en plein centre de Brazzaville.

Cet officier avait joué un rôle décisif dans le retour au pouvoir de M. Sassou en 1997 à la fin de la guerre civile.

Alors numéro deux du Conseil national de sécurité (le service des renseignements congolais), il était tombé en disgrâce avec sa mise en cause dans l'explosion du dépôt de munitions de Mpila, quartier résidentiel de Brazzaville qui avait fait près de 300 morts le 4 mars 2012.

Après un an et demi de détention préventive, il est ressorti libre à l'issue du procès en septembre 2013, mais avec une condamnation à cinq ans de travaux forcés avec sursis.

Le colonel Ntsourou, qui approche la soixantaine, avait attendu pendant plus de dix ans, en vain, d'être élevé au grade de général et en vouait une rancune tenace au président congolais.

Il en était venu à accuser M. Sassou de réserver les postes clef du pouvoir au profit de sa propre ethnie, les Mbochi, au détriment d'autres, comme la sienne, les Tekke, dont certains membres s'estiment sous-représentés au sein de l'appareil d'Etat.

Avec la mise à l'écart du colonel Ntsourou, plusieurs opposants soupçonnent le chef de l'Etat, septuagénaire, de se sentir pousser des ailes pour modifier la Constitution (en vigueur depuis 2002) pour pouvoir briguer un troisième mandat lors de l'élection présidentielle de 2016. Sassou Nguesso a dirigé le pays de 1979 à 1992 sous le régime du parti unique, puis de 1997 à nos jours. 

"Le pouvoir nous intimide"

"Le pouvoir nous intimide depuis que Marcel Ntsourou a été arrêté. Il exprime là ses velléités de changer la Constitution", déclare Mathias Dzon, candidat malheureux à la présidentielle de 2009 et chef de l'Union patriotique pour le renouveau national (UPRN). Cet ancien ministre des Finances (de 1997 à 2002) affirme faire "l'objet d'une surveillance accrue".

Guy-Romain Kinfoussia, président de l'Union pour la démocratie et la République (UDR-Mwinda), déplore pour sa part "l'instrumentalisation de l'affaire Ntsourou par le pouvoir".

"Depuis que cette affaire a commencé, nous avons des tracasseries. Nos libertés d'aller et venir sont restreintes", ajoute-t-il.

Pascal Tsaty Mabiala, premier secrétaire de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) met en garde le pouvoir. "Notre Constitution ne vit que depuis un peu plus d'une décennie, dit-il à l'AFP, "il serait malheureux de la changer".

L'UPADS est le premier parti d'opposition, représenté au Parlement, contrairement à l'UPRN et à l'UDR-Mindwa.

Interrogé par l'AFP, Serge Michel Odocki, porte-parole du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) accuse les opposants de tomber dans "l'amalgame" et l'analyse "tendancieuse".

"Il n'y a aucunement l'intention inavouée du pouvoir de modifier quoi que ce soit", dit-il, alors que le secrétaire général du PCT, Pierre Ngolo, aime à répéter que "la Constitution elle-même a prévu les dispositions de sa révision".

Derrière les barreaux, le colonel Ntsourou est absent de ce débat et ses avocats dénoncent le fait qu'ils n'ont pas accès à leur client.

En septembre, à l'issue du procès des explosions de Brazzaville, l'officier avait dit être prêt à témoigner devant la justice française dans l'affaire dite des disparus du Beach, pour laquelle il avait été acquitté par la justice congolaise en 2005.

Instruit en France, après le dépôt de plaintes visant plusieurs hauts responsables congolais, dont le président Sassou, ce dossier sensible porte sur la disparition de quelque 350 Congolais à leur retour d'exil à Brazzaville en 1999.

AFP

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2016

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