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Kenya: le dossier contre Kenyatta s'est "effondré", assure son avocat

Le dossier pour crimes contre l'humanité contre le président kényan Uhuru Kenyatta s'est "effondré", a affirmé mercredi l'avocat de la défense aux juges de la Cour pénale internationale lors d'une audience technique.

"L'accusation a réalisé que son dossier s'est effondré", a déclaré l'avocat Steven Kay aux juges de la CPI, devant qui M. Kenyatta est poursuivi pour son rôle présumé lors des violences ayant suivi la réélection contestée du président Mwai Kibaki.

Le procès de M. Kenyatta devait s'ouvrir mercredi, mais la CPI en avait reporté l'ouverture fin janvier, après que la procureure Fatou Bensouda avait demandé un délai de trois mois, affirmant ne plus avoir suffisamment de preuves après le retrait de deux témoins.

L'un d'eux avait admis avoir livré un faux témoignage concernant, selon des informations collectées par l'AFP, une réunion qui aurait eu lieu entre M. Kenyatta et des membres du principal groupe criminel du Kenya, les Mungikis.

Uhuru Kenyatta, 52 ans, est poursuivi pour des crimes contre l'humanité commis lors des violences de 2007-2008 qui avaient fait plus de 1.000 morts et plus de 600.000 déplacés.

Il ne s'agit pas du premier contre-temps dans la procédure contre le président kényan, son procès ayant déjà été reporté à de nombreuses reprises. Les questions d'intimidation de témoins et de faux témoignages ont elles aussi déjà été mises sur la table à plusieurs reprises.

L'accusation veut que la chambre juge que le Kenya n'a pas coopéré avec l'enquête, refusant notamment de pourvoir des extraits des finances de M. Kenyatta qui pourraient prouver qu'il a financé les violences, selon l'accusation.

Benjamin Gumpert, du bureau du procureur, a assuré que l'enquête était bloquée et que l'accusation avec besoin de ces extraits financiers. 

La chance d'obtenir des éléments de preuves efficaces sans ces données est "minime", a ajouté M. Gumpert.

Pour Steven Kay, la demande de l'accusation était un "exercice de transfert du blâme vers le gouvernement kényan". 

Le procureur, Fatou Bensouda, assure, elle, que : "le gouvernement de Kenyatta continue de contrecarrer les efforts de l'accusation pour obtenir des informations qui pourraient éclaircir les accusations contenues dans ce dossier".

William Ruto est poursuivi pour des faits similaires mais se trouvait dans le camp opposé à celui de M. Kenyatta à l'époque des faits. Les deux hommes sont maintenant alliés politiques et ont été élus en 2013 sur un ticket commun.

MM. Kenyatta et Ruto ont promis de coopérer avec la CPI, mais se sont aussi plaints que leurs procès, qui les obligent à se déplacer aux Pays-Bas, handicapent leur gestion du pays, et notamment la lutte contre les combattants islamistes en Somalie.

AFP

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