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Burundi: le principal parti tutsi quitte le gouvernement

Les trois ministres du gouvernement burundais issus du principal parti tutsi du pays, l'Uprona, ont démissionné mardi et mercredi, enfonçant un peu plus le pays dans la crise politique, a annoncé cette formation.

Le ministre chargé du Développement communal, Jean-Claude Ndihokubwayo, avait démissionné mardi après-midi, et a été suivi dans la soirée puis mercredi par ceux de la Communication, Léocadie Nihaza, et du Commerce, Victoire Ndikumana, sur fond de différend entre l'Uprona et le camp du président burundais Pierre Nkurunziza.

"C'est fait, le parti Uprona ne fait plus partie du gouvernement", a annoncé à l'AFP le porte-parole du parti, Tatien Sibomana, accusant Bujumbura de "tout faire pour détruire notre formation politique".

L'Union pour le progrès national (Uprona) est la seule formation politique burundaise qui, à part le parti au pouvoir (Cndd-FDD, hutu), n'avait pas boycotté les élections générales de 2010. Les autres partis d'opposition estimaient que les élections, remportées par le président sortant Pierre Nkurunziza et son parti, étaient biaisées.

L'Uprona était depuis représentée au gouvernement par un vice-président et trois ministres.

Mais le parti tutsi était de plus en plus critique à l'égard du pouvoir ces derniers mois sur des sujets sensibles comme la question d'un éventuel troisième mandat du président Nkurunziza, celles de la révision de la Constitution ou encore de la répartition des terres.

Ces deux derniers points sont ultra-sensibles dans les relations entre communautés hutu et tutsi, dans un pays théâtre entre 1993 et 2006 d'une longue guerre civile ayant exacerbé les tensions ethniques.

La Constitution du petit pays d'Afrique des Grands Lacs, issu des accords de paix, garantit un partage du pouvoir entre Hutu (85% de la population) et Tutsi (14%), qui s'articulait jusqu'ici autour du tandem Cndd-FDD/Uprona.

De plus, la commission chargée d'arbitrer les litiges fonciers hérités de la guerre civile est accusée de favoriser les Hutu.

Les tensions entre l'Uprona et le reste du gouvernement se sont transformées en crise ouverte en fin de semaine dernière, quand le ministre de l'Intérieur, Edouard Nduwimana, a destitué le président de l'Uprona, Charles Nditije, au profit d'un proche du Cndd-FDD. L'opération a été perçue comme une tentative de noyautage de la formation politique.

Pour avoir désavoué la décision du ministre de l'Intérieur, le premier vice-président burundais, Bernard Busokoza, tutsi et membre de l'Uprona, a été limogé.

Un porte-parole de la présidence, Willy Nyamitwe, a tenté de calmer le jeu mercredi, assurant que des contacts étaient en cours pour retourner à une "situation normale" avec l'Uprona. Mais plusieurs personnalités du parti tutsi, approchées pour occuper les postes vacants, ont jusqu'ici décliné, selon des sources concordantes.

AFP

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