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Egypte: un groupe jihadiste menace le chef de l'armée Sissi

Un groupe jihadiste qui a revendiqué plusieurs attaques meurtrières en Egypte a menacé de s'en prendre à l'homme fort du pays, le chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi, dont l'annonce de la candidature à la présidentielle est attendue.

Après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi le 3 juillet 2013 par l'armée, et la sanglante répression contre ses partisans qui s'en est suivie, les attentats visant les forces de sécurité se sont multipliés.

Un groupe jihadiste s'inspirant d'Al-Qaïda, Ansar Beït al-Maqdess, a revendiqué l'assassinat mardi d'un général de police, Mohamed Saïd, tué au Caire par des hommes armés qui ont pris la fuite à moto. La victime dirigeait le bureau technique du ministère de l'Intérieur, rattaché à la personne du ministre, Mohamed Ibrahim.

Basé dans la péninsule du Sinaï, le groupe a menacé de s'attaquer au maréchal Sissi, à qui l'armée a demandé de postuler à la magistrature suprême, et au ministre de l'Intérieur. "La vengeance va venir", a-t-il prévenu dans un communiqué publié sur des sites jihadistes.

Le ministre de l'Intérieur avait échappé en septembre 2013 à un attentat au Caire revendiqué par Ansar Beït al-Maqdess qui dit agir en représailles à la répression menée contre les partisans de M. Morsi, premier président d'Egypte élu démocratiquement en juin 2012.

Depuis une semaine, au moins 14 policiers ont été tués et neuf soldats ont péri dans la péninsule du Sinaï, selon un bilan compilé par l'AFP. Mercredi encore, des hommes masqués sur une moto ont tué un policier à Charqiya, une province du delta du Nil, selon des sources de sécurité.

 

Intérêts économiques menacés

Ansar Beït al-Maqdess a parallèlement revendiqué l'attaque lundi dans le Sinaï d'un gazoduc acheminant du gaz en Jordanie et menacé d'étendre sa "guerre économique contre la clique des traîtres jusqu'à leur défaite".

Il affirme qu'il va s'en prendre aux "intérêts économiques du régime, dont le gazoduc vers la Jordanie qui a permis de mettre des milliards de livres égyptiennes dans les poches de Sissi et de ses généraux".

Les médias égyptiens, qui soutiennent dans leur vaste majorité l'armée, ont condamné l'assassinat du général de police. "Le terrorisme a assassiné le général", dénonçait le Al-Gomhouriya, "les balles de la traîtrise ont tué le général", écrivait Al-Akhbar. 

Si les attaques les plus sanglantes contre les forces de l'ordre ont été revendiquées par Ansar Beït al-Maqdess, le gouvernement intérimaire installé par le maréchal Sissi accuse systématiquement les Frères musulmans, dont est issu M. Morsi et qui ont été décrétés "organisation terroriste".

médias Mardi, M. Morsi, détenu depuis sa destitution, a comparu au Caire pour son évasion de prison lors de la révolte contre Hosni Moubarak en 2011, avec, selon l'accusation, la complicité de membres du Hamas palestinien, du Hezbollah libanais et de mouvements jihadistes, la plupart jugés par contumace.

M. Morsi encourt la peine de mort, comme dans deux autres des procès intentés contre lui.

Dans ce contexte de tensions persistantes, le pays attend la décision du maréchal Sissi, 59 ans, auquel la toute puissante armée a lancé lundi un appel sans surprise pour qu'il se présente à la présidentielle prévue dans les trois mois.

C'est le maréchal Sissi, également vice-Premier ministre et ministre de la Défense, qui, le 3 juillet, avait annoncé la destitution de M. Morsi -seul président non issu de l'armée- pour répondre, selon lui, à l'appel de millions d'Egyptiens réclamant son départ.

Le nouveau pouvoir s'est ensuite lancé dans une implacable répression contre les pro-Morsi. Selon Amnesty International, quelque 1.400 personnes ont été tuées dans des manifestations, des islamistes pour l'immense majorité. Et les leaders des Frères musulmans sont derrière les barreaux.

Le parquet a en outre annoncé que 20 journalistes du réseau satellitaire Al-Jazeera, dont la couverture est jugée pro-Frères musulmans par les autorités, seraient jugés. Seize reporters égyptiens sont accusés d'appartenance à une "organisation terroriste", tandis que quatre étrangers se voient reprocher d'avoir diffusé "des fausses nouvelles".

Qualifiant cette décision de "revers majeur pour la liberté de la presse", Amnesty a souligné qu'"à l'approche des élections, une presse libre est essentielle", les journalistes ne pouvant "pas travailler dans la peur".

AFP

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