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Tunisie: report au 25 mars du procès de l'attaque de l'ambassade américaine

La Cour d'appel de Tunis a reporté mardi au 25 mars le procès de suspects de l'attaque menée en septembre 2012 contre l'ambassade des Etats-Unis par des salafistes radicaux, dont la condamnation clémente en première instance avait fait scandale.

"A la demande de la défense, l'audience est reportée au 25 mars", a annoncé le juge.

Ce report a été réclamé car la majorité des prévenus n'a pas reçu de convocation pour se rendre à l'audience, selon leur avocat, Monaem Turki. Seuls trois des vingt accusés se sont présentés au tribunal, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le parquet avait fait appel fin mai 2013 du verdict, jugé trop clément par les Etats-Unis mais aussi par le gouvernement tunisien, les assaillants ayant été condamnés à des peines de prison avec sursis.

"L'affaire est devenue politique car les Etats-Unis ont fait pression sur le gouvernement" tunisien après le premier jugement, a estimé Me Turki.

Les autorités tunisiennes ont attribué l'attaque de l'ambassade à la mouvance salafiste jihadiste Ansar Asharia, inscrite récemment sur la liste des organisations "terroristes" par Washington et Tunis.

L'ambassade des Etats-Unis avait été prise d'assaut par une foule de manifestants, dont de nombreux islamistes radicaux, et quatre d'entre eux avaient été tués.

La défense des accusés remet en cause les résultats de l'enquête, qui établissaient que les victimes avaient été tuées par la police et que la sécurité de l'ambassade n'était pas intervenue pour protéger l'enceinte de la représentation diplomatique.

"Nous réclamons qu'on dévoile la vérité sur ceux qui ont tué les quatre manifestants le 14 septembre. On ne sait pas si c'est la police tunisienne ou la sécurité de l'ambassade", a affirmé M. Turki.

La représentation diplomatique et l'école américaine avaient été partiellement incendiées et saccagées lors de ces évènements, tandis que la police, débordée, avait mis des heures à repousser la foule, ont constaté à l'époque les journalistes de l'AFP.

Ces évènements avaient été déclenchés par la diffusion sur internet d'un film islamophobe produit aux Etats-Unis. Des violences similaires, visant des représentations diplomatiques occidentales, ont eu lieu dans plusieurs pays. 

Environ 80 personnes sont encore dans l'attente d'un procès pour leur participation aux violences, selon leurs avocats.

Les organisateurs présumés n'ont pas été arrêtés, en particulier Abou Iyadh, chef de Ansar Asharia et vétéran d'Al-Qaïda en Afghanistan, qui est en fuite.

La Tunisie est confrontée depuis la révolution de janvier 2011 à un essor de groupes salafistes responsables de plusieurs attaques, en particulier contre la police ou contre des manifestations culturelles.

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