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Nigeria: plus de 70 morts dimanche dans deux attaques attribuées

Plus de 70 personnes ont été tuées dimanche dans deux attaques distinctes dans le nord-est chroniquement instable du Nigeria, ont annoncé lundi les autorités, qui soupçonnent le groupe islamiste Boko Haram.

Les deux attaques  - l'une contre un marché animé de l'Etat de Borno, où au moins 45 personnes ont péri, et l'autre dans l'Etat voisin d'Adamawa, avec au moins 26 morts - surviennent une semaine tout juste après l'engagement solennel du chef de l'armée d'en finir rapidement avec l'insurrection qui a fait des milliers de morts depuis 2009.

Dans l'Etat de Borno, "pour le moment, nous avons 45 morts et 26 blessés. (...) Mais ces chiffres pourraient augmenter car nos hommes sont toujours dans le village à la recherche de victimes", a déclaré le chef de la police de l'Etat, Lawan Tanko, à l'AFP.

L'attaque s'est produite vers 17H00 (16H00 GMT) dimanche: des hommes armés avaient alors investi la localité de Kawuri, dans la région de Konduga, à 37 kilomètres de la capitale de l'Etat, Maiduguri.

Des témoins ont raconté que les assaillants étaient arrivés en véhicules tout-terrain en prétendant être des marchands venus faire des affaires au marché local.

Mais leur attitude a rapidement changé, a expliqué un des témoins, Isa Ibrahim: "Inconnus des habitants, les hommes armés ont installé des bombes artisanales à divers endroits stratégiques de la ville avant d'attaquer la population".

Plusieurs habitations et véhicules ont été incendiés avant que les hommes armés prennent la fuite, a-t-il ajouté.

M. Tanko a attribué l'attaque à "la secte Boko Haram". Il n'a pu confirmer l'utilisation d'explosifs mais a précisé qu'une équipe de démineurs avait été envoyée à Kawuri pour rechercher d'éventuelles munitions non explosées.

26 morts dans un autre village

 

Dans l'Etat d'Adamawa, "d'après des informations fournies par la police, 26 personnes ont été tuées dans l'attaque, dont deux policiers, qui ont pris les assaillants pour des soldats parce qu'ils portaient des uniformes militaires", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement locale, Ahmad Sajo.

"17 des victimes ont été abattues. (...) Pour le moment, nous ne savons pas qui étaient les assaillants. Nous attendons cette information des services de sécurité", a-t-il ajouté.

Un nombre non précisé de blessés ont été pris en charge par les secours, a encore dit le porte-parole.

Des membres des services de secours ont indiqué que cette attaque avait eu lieu dans le village de Waga Chakawa, dans l'Etat d'Adawama.

Selon des témoins, des hommes armés auraient tiré dimanche sur une église catholique et incendié des maisons.

"Il n'y a pas de détails précis, parce qu'il s'agit d'une question de sécurité", a déclaré Abdulkadir Ibrahim, porte-parole de l'Agence nationale des situtations d'urgence (NEMA).

"La Croix-rouge et la NEMA dans l'Etat d'Adamawa sont mobilisées. Elles sont sur le terrain, s'attachant à aider ceux qui ont perdu leurs maisons", a-t-il expliqué.

L'armée nigériane, qui mène depuis mai dernier une vaste opération dans le nord-est insurgé où l'état d'urgence a été décrété, se félicite d'avoir chassé le groupe islamiste armé des villes, moyennes et grandes.

Néanmoins, les assauts continuent et contraignent des milliers de civils à fuir vers les pays voisins, le Cameroun, le Niger et le Tchad, montrant qu'à l'évidence une stratégie purement militaire ne permettra pas de mettre fin au conflit.

Boko Haram veut établir un Etat islamique dans le nord du pays, majoritairement musulman.

Le tout nouveau chef d'état-major de l'armée du Nigeria, Alex Badeh, avait déclaré le 20 janvier vouloir en finir rapidement avec l'insurrection. Cette annonce survenait au lendemain d'une autre attaque sanglante, qui avait fait 18 morts dans la ville de Jere, proche de Maiduguri, fief du groupe Boko Haram.

"La situation sécuritaire dans le nord-est doit être complètement réglée d'ici avril 2014", avait déclaré le maréchal de l'air Alex Badeh, 57 ans, après sa cérémonie de prestation de serment comme chef de l'armée dans la capitale fédérale, Abuja.

AFP

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