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Centrafrique: le tandem de l'exécutif prépare son programme d'urgence

La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza et son Premier ministre, André Nzapayeké, préparaient dimanche le programme de pacification que le futur gouvernement -attendu rapidement- devra appliquer en urgence face à la poursuites des violences entre chrétiens et musulmans.

Dans Bangui, violences, tirs et tentatives de pillages se concentraient dimanche autour du quartier du PK-5, au centre-ville, le poumon commercial de la capitale, avec ses centaines de magasins appartenant pour la plupart à des musulmans.

Ces commerces (alimentation, téléphonie, pièces détachées pour automobiles,...) attisent depuis des jours la convoitise des pillards et miliciens chrétiens anti-balaka massés aux environs et qui lancent des raids, entraînant la riposte de jeunes musulmans, aidés d'ex-Séléka, qui ont érigé des barricades pour bloquer les accès, avec des violences débordant dans les quartiers voisins, particulièrement à Miskine.

Des tirs ont ainsi été encore entendus dans la nuit de samedi à dimanche dans ce quartier de Miskine, patrouillé par les soldats français de l'opération Sangaris et africains de la Misca.

"Les anti-balaka se servent de Sangaris pour progresser derrière eux: quand les Français partent, ils nous attaquent!", accusait dimanche Adam, habitant du quartier.

Les militaires français récusent eux toute partialité sur le terrain. Après avoir commencé à les désarmer à leur arrivée le 5 décembre, les Français ont en effet décidé de laisser des moyens de défense à certains ex-Séléka, devenus vulnérables après avoir régné en maîtres et terrorisé Bangui en toute impunité pendant des mois.

"Il y a un certain nombre de concessions Séléka que nous autorisons à se défendre", a expliqué à l'AFP le lieutenant-colonel Thomas Mollard, porte-parole de Sangaris.

A peine nommé samedi par la présidente, M. Nzapayeké (son nom signifie en langue nationale sango "Dieu est là") a lui fixé la feuille de route du futur gouvernement dont la composition devrait être annoncée rapidement.

Priorité numéro un: "arrêter les exactions" dans le pays, a indiqué le Premier ministre dans un entretien diffusé dimanche par RFI et qui se place ainsi sur la même ligne que la présidente élu lundi pour remplacer Michel Djotodia.

Arrêter les exactions

M. Djotodia avait renversé en mars 2013 le régime de François Bozizé à la tête d'une coalition rebelle Séléka, à dominante musulmane, dont les combattants ont multiplié pendant des mois en toute impunité les exactions contre la population majoritairement chrétienne du pays, déclenchant une spirale de violences intercommunautaires dont les civils sont les principales victimes.

Il a été contraint à la démission le 10 janvier pour son incapacité à mettre fin à ces tueries interreligieuse, qui ont plongé le pays dans une crise humanitaire sans précédent, avec des centaines de milliers de déplacés, dont 400.000 à Bangui, soit la moitié de la population de la ville.

"Je vais prendre langue avec les différentes parties pour que nous arrêtions immédiatement certaines (...) exactions qui sont menées dans ce pays. Il faut mettre fin à tout cela rapidement", a souligné M. Nzapayeké, indiquant qu'il allait "mettre en place une équipe qui va se charger de la question de la réconciliation nationale".

"Il faut qu'on s'attaque rapidement à cela, la question sécuritaire sera facilitée", selon lui: "la prochaine action à mener, c'est vraiment le retour" des déplacés chez eux.

"Là, on a un certain nombre d'actions très claires et auxquelles le gouvernement va s'attaquer dès la semaine prochaine", a-t-il promis.

Pour agir, le gouvernement doit pouvoir s'appuyer sur une administration à la dérive, dont les fonctionnaires ne sont plus payés depuis des mois et alors que les caisses d'Etat sont totalement vides.

"Nous allons essayer de régler aussi ce problème-là avec nos amis de la communauté internationale", a indiqué le Premier ministre, qui entend s'appuyer sur son expérience au sein d'institutions financières internationales et de programmes de développement pour rassurer les donateurs sur l'utilisation de l'aide, dans un pays miné par la corruption depuis des décennies.

AFP

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