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Afrique du Sud - Un apartheid dans les mines d'or?

D’anciens ouvriers noirs de mines d’or sud-africaines ont annoncé mercredi 21 septembre qu'ils attaquaient en justice un géant britannique de l'industrie, à la Haute cour de justice de Londres, révèle BBC Africa.

Les anciens mineurs accusent la société qui les a employés d’avoir gravement porté atteinte à leur santé, en les faisant travailler dans des conditions exécrables.

Les anciens mineurs d'Afrique du Sud affirment avoir contracté des maladies graves comme la silicose —une maladie pulmonaire incurable— en raison de niveaux élevés de poussière dans les mines.

Pour les avocats des 450 mineurs, cela est dû à un défaut de ventilation dans les mines de la société Anglo American, qui les employait. Des défaillances motivées, selon eux, par la discrimination raciale:

«Ces mineurs noirs sud-africains ont effectué les travaux qui les exposaient le plus aux poussières, sans la protection de masques respiratoires et —contrairement à leurs homologues blancs— sans avoir accès aux douches sur le site.»

Des accusations qui obligent l’entreprise à s’expliquer, mais surtout à reconnaître son erreur, indique la BBC. Dans un communiqué publié juste après le dépôt de la plainte, Anglo American a affirmé que «la quantité de poussière était élevée et ils sont très nombreux à souffrir de silicose, un danger que l'on sait associé aux mines d’or depuis le siècle dernier». Cependant, la société affirme avoir pris «des mesures nécessaires pour les protéger».

A cela, les avocats des mineurs soutiennent que leurs clients, qui viennent de la province du Cap oriental et des pays voisins comme le Lesotho et le Botswana, ont pourtant continué à subir des discriminations raciales jusqu’en 1998, soit quatre ans après la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. Ils réclament plusieurs millions de dollars de dommages et intérêts.

En 2005, l'ONG Human Rights Watch avait dénoncé la société Anglo American, dont la filiale en République démocratique du Congo avait apporté un soutien financier et logistique aux miliciens du Front nationaliste et intégrationniste, accusé de nombreux meurtres, leur donnant également libre accès au site de la mine d'or de Mongbwalu.

Lu sur BBC Africa