SlateAfrique

mis à jour le

Les magistrats congolais en croisade pour gagner plus

La colère des magistrats congolais ne faiblit pas. Le Syndicat national des magistrats (Synamag) a décidé lundi 19 septembre de poursuivre son mouvement de grève jusqu'à nouvel ordre.

Depuis le discours du président Kabila (PDF) le 14 septembre, ils exigent que le salaire de 1.600 dollars (1.170 euros) évoqué par le chef de l'Etat à cette occasion leur soit appliqué immédiatement.

Joseph Kabila, qui brigue un deuxième mandat à la tête de la République démocratique du Congo (l'élection présidentielle aura lieu en novembre) a dressé un bilan personnel très positif. Vantant l’augmentation des salaires dans la fonction publique, il a notamment cité le cas des magistrats:

«Les magistrats ont eux aussi vu leur salaire augmenter. De 704 dollars en 2008, il est monté à 1.414 dollars en 2007, puis à 1.450 dollars en 2008, avant d’atteindre 1.600 dollars en 2009».

En réalité, ces chiffres sont environ trois fois supérieurs au salaire moyen des juges. La réaction des magistrats ne s’est pas faite attendre: ces derniers ont aussitôt démenti, affirmant n’avoir jamais touché de tels émoluments:

«Nous réclamons qu’on commence, illico presto, à nous payer nos salaires; tel que l’a relevé le Président de la République. C’est-à-dire, 1.600 USD pour un substitut du procureur, ce qui est le grade le moins élevé dans la magistrature, avec effet rétroactif», a déclaré le secrétaire général du Synamag, Kuku Kiesse.

Selon le syndicat, un substitut du procureur gagne aujourd’hui moins de 500.000 francs congolais (soit 536 dollars, environ 390 euros), tandis que le salaire d’un magistrat débutant se situe autour de 450 dollars (330 euros). On est loin, donc, des 1.600 annoncés.

De son côté, l’Intersyndicale des magistrats, une autre organisation qui a accepté l’augmentation progressive des salaires, a lancé un appel au calme. Lors des négociations qui ont suivi la polémique, le gouvernement a proposé aux jeunes magistrats d’élever leur rémunération à 670 dollars, dans un premier temps.

La détermination des magistrats de la Synamag est d’autant plus grande qu’en 2003, ils avaient déjà obtenu un meilleur traitement salarial au terme de quatre mois de grève:

«Personne n'était mort. Nous sommes vivants et nous avons récolté ce que nous avons semé», déclaraient-ils alors.

A l’époque, le salaire des magistrats était passé de 17 à 500 dollars américains.

Lu sur Radio Okapi, RFI