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Centrafrique: la présidente prête serment sur fond de violences

La présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza, qui a pour priorité de pacifier un pays déchiré par des tueries interreligieuses, prend ses fonctions jeudi sur fond de violences quasi-quotidiennes et de crise humanitaire sans précédent.

 Lors d'une cérémonie devant débuter à partir de 14H00 (13H00 GMT) au palais de l'Assemblée nationale à Bangui où siège le Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire) qui l'a élue lundi, Mme Samba Panza va prêter serment sur la Charte de transition, marquant sa prise officielle de fonction.

Elle succède à Michel Djotodia, qui avait renversé le régime de François Bozizé en mars 2013 à la tête de sa coalition rebelle Séléka, et a été contraint à la démission le 10 janvier, sous pression des dirigeants d'afrique centrale - soutenus par la France - excédés par son incapacité à arrêter les tueries entre chrétiens et musulmans.

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, sera d'ailleurs parmi les personnalités présentes à la cérémonie.

La nouvelle présidente - première femme à la tête du pays depuis son indépendance de la France en 1960 - devrait ensuite nommer rapidement son Premier ministre, probablement d'ici vendredi soir, selon des sources politique et diplomatique, pour avoir en début de semaine un gouvernement prêt à relever le défi de restaurer la paix après des mois de haines intercommunautaires.

Jeudi matin, après des violences ayant fait la veille au moins dix morts, la capitale présentait de nouveau un semblant de normalité.

Mais tous les ferments de la crise sont toujours là: environ la moitié de la population de la ville, 400.000 personnes, vit entassée dans des camps de déplacés; ce qui reste de services de l'Etat est à l'arrêt, les fonctionnaires n'ayant pas été payés depuis des mois.

 

"Pas assez de soldats"

 

En province, la "majorité" du territoire reste sous la coupe implacable de chefs de guerre, ont rappelé mercredi à Paris l'archevêque et l'imam de Bangui, Dieudonné Nzapalainga et Oumar Kobine Layama, qui depuis des mois appellent leurs concitoyens à la paix.

Au total, la moitié des quelque 4,6 millions de Centrafricains sont directement affectés par la crise.

Pour mettre fin aux violences, Mme Samba Panza veut d'abord "plus de soldats", a-t-elle expliqué dans un entretien publié jeudi par le quotidien français Le Parisien.

La France a engagé début décembre 1.600 hommes dans le cadre de son opération Sangaris en soutien à la force africaine (Misca). Celle-ci comptera dans les jours à venir environ 5.200 hommes, l'objectif étant de parvenir rapidement à 6.000 soldats sur le terrain. L'Union européenne va envoyer de son côté une force d'environ 500 militaires à Bangui.

Au fil des jours, soldats français et africains resserrent leur étau sur les derniers quartiers de la capitale où des explosions de violences meurtrières se produisent régulièrement.

"Le nombre de soldats actuel ne suffit même pas à remettre de l'ordre à Bangui", juge la présidente: "Il n'y a pas assez de soldats en Centrafrique".

Ensuite pour juguler le désastre humanitaire, la présidente - qui doit également organiser des élections générales auxquelles elle ne sera pas candidate d'ici février 2015 au plus tard - veut "remettre les gens au travail" rapidement.

L'économie du pays - un des plus pauvres du continent malgré son potentiel agricole et minier - est à l'arrêt, toute comme l'administration, qui de surcroît a disparu de régions entières depuis des années.

Les caisses de l'Etat étant totalement vides, la nouvelle présidente doit s'en remettre à la bonne volonté de la communauté internationale, qui a promis lundi de débloquer en 2014, 496 millions de dollars (365 millions d'euros) pour stopper la descente aux enfers de la Centrafrique.

 

AFP

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