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Soudan du Sud: le sommet prévu

Un Sommet des pays médiateurs prévu à Juba a été annulé mardi, alors que les belligérants du conflit au Soudan du Sud étudiaient deux projets d'accord destinés à mettre fin aux combats qui ravagent le jeune pays depuis un mois.

Les deux textes, consultés par l'AFP mardi, prévoient, pour l'un, un engagement des parties à cesser les hostilités, et pour l'autre, la libération de 11 responsables politiques emprisonnés depuis le début des combats, le 15 décembre à Juba, entre les forces loyales au président Salva Kiir et les partisans de son ancien vice-président Riek Machar, limogé en juillet.

La libération des 11 détenus est l'un des points de blocage des pourparlers en cours à Addis Abeba, sous la médiation de l'Igad (Autorité intergouvernementale pour le développement), bloc de sept pays est-africains, les partisans de Riek Machar exigeant leur libération avant tout cessez-le-feu.

Un Sommet de l'Igad convoqué en urgence jeudi à Juba - et dont l'ordre du jour précis n'avait pas été annoncé - a finalement été annulé, a annoncé mardi soir à l'AFP le porte-parole du ministère sud-soudanais des Affaires étrangères, Mayen Makol, expliquant cette décision par la proximité du Sommet de l'Union africaine (UA) fin janvier à Addis Abeba.

"La plupart des questions (liées à la situation au Soudan du Sud) seront discutées là-bas, au lieu d'avoir les seuls représentants de l'Igad", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le premier projet d'accord sur la cessation des hostilités prévoit que les belligérants s'engagent à "cesser immédiatement toutes les opérations militaires et à geler leurs forces à l'endroit où elles se trouvent", à "s'abstenir de toute action pouvant conduire à une confrontation militaire" et à cesser toute "campagne médiatique et de propagande".

Le texte spécifie également que les parties au conflit doivent "s'abstenir d'attaquer les populations civiles (...) de commettre des viols, des violences sexuelles et des tortures (...) de se livrer à des violences contre les enfants, les fillettes, les femmes et les personnes âgées", et cesser "les exécutions sommaires, les déplacements de population".

"Gouvernement parallèle"

 

A la rivalité politique entre MM. Kiir et Machar au sein du régime issu de l'ex-rébellion sudiste, se greffent les antagonismes - également hérités de la guerre civile - entre les peuples Dinka et Nuer, dont sont respectivement issus les deux hommes.

Selon l'ONU, de nombreuses atrocités ont été commises par les deux camps contre les populations civiles, dont des tueries à caractère ethnique. La mission onusienne locale (Minuss) a également dénoncé une tentative de soldats gouvernementaux d'entrer en force dans une de ses bases où sont réfugiés de nombreux civils.

M. Kiir a réagi en accusant lundi soir l'ONU de vouloir créer "un gouvernement parallèle" au Soudan du Sud. "Si c'est vraiment la position de Ban Ki-moon, il devrait dire clairement qu'il veut que l'ONU prenne le pouvoir au Soudan du Sud", a poursuivi le chef de l'Etat.

Selon le second projet de texte, il sera demandé au président Kiir de "gracier et libérer (...) afin de leur permettre de participer au dialogue" 11 hauts responsables sud-soudanais arrêtés au début des combats à Juba, sous l'accusation de tentative de coup d'Etat.

Le document prévoit aussi "un processus de réconciliation nationale ouvert à tous, dans lequel les détenus et autres acteurs politiques ont un rôle important à jouer".

Lundi, le président Kiir avait estimé que "la grâce présidentielle et des amnisties générales devaient faire partie des efforts de paix", tout en souhaitant que "l'enquête sur (l'origine de) la crise se poursuive et que ceux qui ont commis des atrocités en répondent".

Il avait admis le principe d'un "dialogue national (...) avec la participation des suspects dans le coup d'Etat raté", tout restant vague sur les suites judiciaires à leur égard.

Parallèlement, l'armée ougandaise a admis mardi avoir perdu neuf soldats au Soudan du Sud depuis qu'elle y intervient aux côtés de l'armée sud-soudanaise. L'implication de troupes ougandaises dans les combats contre les forces pro-Machar pourrait compliquer les efforts de l'Igad, dont l'Ouganda est un des membres.

Le projet de texte sur la fin des hostilités prévoit que les belligérants "redéploient et/ou retirent progressivement du théâtre des opérations les groupes armés et forces alliées invités par l'une ou l'autre partie".

AFP

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