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Soudan du Sud: l'armée dit contrôler Malakal, Bor martyrisée

L'armée sud-soudanaise a affirmé lundi, après des jours de combats, avoir repris aux rebelles la ville pétrolière de Malakal, alors que l'ONU dénonçait la tentative d'intrusion des forces gouvernementales dans sa base de Bor.

"Malakal est enfin dans les mains de la SPLA", l'armée régulière sud-soudanaise, a déclaré à l'AFP son porte-parole Philip Aguer. "A 13H00 (10H00 GMT), ils (les rebelles) ont été chassés de la localité", située à environ 550 km au nord de Juba.

Les forces loyales au président sud-soudanais Salva Kiir et les soldats rebelles fidèles à l'ancien vice-président Riek Machar s'affrontaient à nouveau depuis mi-janvier pour le contrôle de la capitale du Haut-Nil (nord-est), qui a changé plusieurs fois de mains depuis mi-décembre et dont les deux camps occupaient respectivement jusqu'ici les parties nord et sud.

Malakal est, comme Bor, capitale du Jonglei (est), et Bentiu, capitale de l'Unité (nord), l'un des principaux foyers du conflit qui sévit au Soudan du Sud depuis mi-décembre.

Lundi, Bor, elle-même reprise le 18 janvier par l'armée, était "calme", a ajouté M. Aguer.

"Mais nous sommes à la poursuite des rebelles" à une soixantaine de kilomètres au nord de la ville, a-t-il précisé. Car malgré les récents progrès de l'armée, les forces rebelles semblent toujours contrôler de larges zones rurales du Haut-Nil et du Jonglei, ainsi que du reste du pays.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit "particulièrement préoccupé" par un incident survenu dans la base de l'ONU à Bor.

Selon l'ONU, son personnel a été menacé par des soldats gouvernementaux à qui des Casques bleus venaient de refuser l'accès de la base, qui abrite environ 10.000 réfugiés.

L'armée sud-soudanaise dément cette version, affirmant avoir simplement voulu vérifier des informations selon lesquelles la base abritait des rebelles, ce que nie l'ONU.

Rues jonchées de cadavres

De Bor, qui a changé quatre fois de mains depuis le début des combats au Soudan du Sud mi-décembre, ne restent aujourd'hui que des bâtiments rasés ou carbonisés, a constaté dimanche un journaliste de l'AFP.

Des cadavres en décomposition jonchent des rues où l'odeur prend à la gorge.

S'exprimant depuis l'hôpital de la ville, une habitante, Achin Mapio, a dit avoir été violée par des rebelles quand ceux-ci contrôlaient la ville et avoir assisté à des exécutions de malades.

"Ils sont venus plusieurs fois pour nous. Nous avons peur que ces gens reviennent nous violer. Plusieurs sont venus pour nous. Ils nous ont même mordus, ils voulaient nous tuer", a raconté cette mère de sept enfants âgée de 39 ans.

Le Soudan du Sud est ravagé depuis le 15 décembre par des combats alimentés par une rivalité entre le président Kiir et son ancien vice-président Machar, limogé en juillet.

M. Kiir accuse M. Machar et ses alliés de tentative de coup d'Etat. L'ancien vice-président nie et reproche à M. Kiir de se servir de ces accusations comme prétexte pour éliminer ses rivaux au sein du régime sud-soudanais.

Les combats, qui s'accompagnent de massacres ethniques entre les Dinka de M. Kiir et les Nuer de M. Machar, ont déjà fait des milliers de morts et près d'un demi-million de déplacés.

Les violences prennent leur source dans de vieilles rivalités entre ex-rebelles sudistes ayant combattu le régime de Khartoum durant la guerre civile soudanaise (1983-2005) et devenus dirigeants à l'indépendance du Soudan du Sud en 2011, auxquelles se greffent des rancoeurs au sein des diverses ethnies du pays.

Des atrocités sont imputées aux deux camps par des ONG et les Nations unies.

La semaine dernière, le secrétaire général adjoint de l'ONU aux droits de l'Homme, Ivan Simonovic, a parlé de "tueries massives, d'exécutions extra-judiciaires, de destructions à grande échelle, de pillages et de recrutement d'enfants-soldats".

Depuis de longues semaines, la communauté internationale, en particulier l'ONU, les Etats-Unis et les pays d'Afrique de l'Est, tentent d'amener les deux camps à signer un cessez-le-feu dans la capitale éthiopienne Addis Abeba.

Mais les pourparlers de paix n'ont pour l'instant débouché sur aucune avancée concrète.

AFP

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