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Denzel Washington nommé pour le rôle de meilleur acteur en 2013. REUTERS/Mario Anzuoni
Denzel Washington nommé pour le rôle de meilleur acteur en 2013. REUTERS/Mario Anzuoni

Les Africains-Américains ne doivent pas tout attendre des Oscar

Aujourd'hui célébrée, la culture afro-américaine peut se targuer d'avoir bâti ses propres institutions.

Auréolé du Golden Globe de meilleur film dramatique, 12 Years A Slave retrouve le chemin des stucs et des tapis rouges le 2 mars 2014, à l’occasion de la 86e cérémonie des Oscars. L’adaptation de l’autobiographie de Solomon Northtup sortie en 1853, pourrait bien être une nouvelle fois distinguée, tant la critique a encensé le travail de son réalisateur, Steve Rodney Mc Queen.

Après s’être intéressé aux «troubles» nord-irlandais dans Hunger, le Britannique avait déjà témoigné de sa passion pour la culture afro-américaine en puisant dans le répertoire de Howlin Wolf, John Coltrane et Chic pour mettre en musique le très réussi Shame.

S’il venait à être récompensé, 12 years a slave pourrait exalter le rayonnement de l’art noir aux Etats-Unis. Mais un tel succès ne saurait faire de l’ombre, au travail de sape réalisé par les institutions culturelles afro-américaines.

«Les associations noires ont une aussi grande, voire plus grande importance», écrit The Root, rappelant au passage, la mort le 9 janvier 2014 du poète Amiri Baraka, chantre de la culture afro, et auteur de l’ouvrage Blues People: negro music in white America.

Avant d’éclater et de connaître la gloire des décorations artistiques, l’ensemble de spirituals Fisk Jubilee Singers, la chanteuse de blues Bessie Smith, Duke Ellington, Stevie Wonder et Chuck D, ont d’abord été soutenu par la National Association for the Advancement of Coloured People (NAACP). Les artistes d’Harlem ont pu profiter des services du Schomburg Center, un centre de recherche sur la culture noire crée en 1926. C’est aussi dans le sous-sol de ce même Schumburg Center que l’acteur Harry Belafonte, engagé au côté de Martin Luther King et son Mouvement des droits civiques, commença à jouer.

Il y a 20 ans, Denzel Washington recevait le prix du meilleur acteur de la NAACP pour sa performance dans le Malcolm X de Spike Lee. Interrogé sur sa manière de préparer le rôle, le jeune acteur soulignait l’importance du Schomburg Center:

«C’est devenu ma deuxième maison. C’est une librairie pleine de ressources dans Harlem. Je ne pourrai jamais en dire assez sur le travail que ça m’a permis d’effectuer, pas seulement pour Malcolm X, mais pour bien d’autres films. Je viendrai toujours au Schomburg.»

Lu sur The Root

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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