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Centrafrique: élection d'un nouveau président de transition

Le Conseil national de transition centrafricain (CNT, parlement provisoire) débute mardi une session spéciale pour élire un nouveau président de transition après la démission contrainte vendredi de Michel Djotodia.

La séance solennelle d'ouverture était dirigée par la vice-présidente de l'institution, Léa Koyassoum Doumta, en l'absence de son président, Alexandre-Ferdinand Nguendet, chef de l'Etat intérimaire depuis dimanche, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le CNT a 15 jours au maximum pour élire le successeur de M. Djotodia et permettre ainsi une normalisation institutionnelle après le vide laissé par la démission du président et du Premier ministre Nicolas Tiangaye, accusés par la communauté internationale de n'avoir rien fait pour arrêter les tueries interreligieuses.

Dans une brève allocution, Mme Koyassoum Doumta a demandé aux parlementaires d'"éviter de faire des choix partisans ou commnunautaires", et les a exhortés à choisir "une personnalité qui va répondre aux aspirations légitimes de nos populations qui n'ont que trop souffert".

Elle leur a également demandé d'élire "une personnalité qui incarne la paix, la réconciliation nationale et qui va veiller à l'organisation des futures élections dans la transparence".

Selon le secrétariat général du CNT, après la séance solennelle, les présidents de commission de l'assemblée devaient se réunir en conférence pour établir le programme -dépôt des candidatures, date du scrutin... - des jours à venir.

Selon des sources politiques centrafricaines, il devrait y avoir une dizaine de candidats, dont peut-être M. Nguendet. Vu sa connaissance des 135 membres du CNT, il ferait alors partie des favoris.

Le nouveau président de transition ne pourra pas être candidat aux élections générales prévues au plus tard au premier semestre 2015.

Mardi matin, après une nuit très calme - comme la précédente - selon des habitants, des véhicules de la gendarmerie centrafricaine ont patrouillé la ville, une première depuis des semaines et nouvel indice d'une progressive stabilisation de la capitale.

Lundi, M. Nguendet avait promis que "l'anarchie était terminée" à Bangui, toujours massivement quadrillée par les soldats français de l'opération Sangaris et ceux de la force africaine (Misca).

 

"Situation toujours volatile"

"Aux ex-Séléka (combattants de M. Djotodia), aux anti-balaka (miliciens hostiles à M. Djotodia) et aux amoureux du pillage, je vous lance une mise en garde sévère, c'est terminé la récréation", avait ajouté M. Nguendet, en ordonnant à ses forces de riposter "à bout portant", lors d'un discours à l'état-major de la gendarmerie.

Des centaines de soldats de l'armée régulière centrafricaine qui avaient déserté ces derniers mois ont regagné lundi leur commandement. A l'Ecole nationale d'administration et de magistrature (Enam) où l'état-major des forces centrafricaines a installé un bureau d'enregistrement, ils se pressaient pour se faire enregistrer après l'appel dimanche du chef d'état-major, le général Ferdinand Bomboyeke, aux soldats de rejoindre leurs casernes "d'ici lundi".

Plusieurs milliers de soldats, gendarmes et policiers avaient déserté leurs unités ces derniers mois, craignant d'être victimes de représailles des combattants Séléka.

Le représentant spécial de l'ONU à Bangui, Babacar Gaye, s'est dit optimiste sur une issue rapide de la crise politique. Mais, a-t-il ajouté, "la haine est toujours présente" entre musulmans et chrétiens et la priorité du nouveau gouvernement sera "d'amorcer la réconciliation entre les communautés".

Ainsi, les déplacés qui ont fui leurs domiciles en décembre par peur, n'ont pas repris le chemin de la maison pour le moment. Au camp de déplacés de l'aéroport, où s'entassent 100.000 personnes, il n'y a "pas de retour massif", a indiqué mardi Médecins sans frontières (MSF).

"Les gens restent très prudents, ils sont conscients que la situation est toujours volatile. Il n'y a pas de retour massif en ville pour le moment", selon un responsable de l'organisation.

AFP

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