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Egypte: le chef de l'armée candidat

Le général Abdel Fattah al-Sissi, chef de l'armée et homme fort de l'Egypte qui a destitué le président islamiste Mohamed Morsi, a déclaré samedi qu'il serait candidat à la présidentielle si le peuple le "réclame".

Il se présentera si l'armée "soutient" sa candidature, ont rapporté les médias gouvernementaux, en citant un discours samedi du général, qui est aussi ministre de la Défense.

Le général Sissi a parallèlement appelé les Egyptiens à participer massivement mardi et mercredi au référendum sur une nouvelle Constitution, qui donne un peu plus de pouvoir aux militaires.

Depuis que l'armée a destitué et arrêté le 3 juillet M. Morsi, premier président égyptien élu démocratiquement, le gouvernement intérimaire nommé et dirigé de facto par les militaires réprime dans le sang les manifestations des pro-Morsi, mais a promis des élections présidentielle et législatives cette année.

"Si je dois déclarer ma candidature, il faut qu'il y ait une demande du peuple en ce sens et un mandat de mon armée", a déclaré le général Sissi lors d'une réunion samedi avec des responsables du pouvoir, cité par le quotidien gouvernemental Al-Ahram.

Depuis des semaines, la candidature à la présidence de celui qui jouit d'une très grande popularité depuis qu'il a annoncé la destitution de M. Morsi, et dont les portraits ornent les rues, les boutiques et certaines administrations, est sur toutes les lèvres.

Une grande majorité de la population soutient le nouveau pouvoir et M. Sissi dans l'implacable répression menée contre les islamistes, en particulier contre les Frères musulmans. L'influente confrérie de M. Morsi avait remporté toutes les élections depuis qu'une révolte populaire début 2011 a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak, lui aussi issu de l'armée, après 30 ans de règne absolu.

Le fait que le général Sissi ait prononcé ces mots après avoir pressé les Egyptiens de participer en masse au référendum de la semaine prochaine confirme ce que nombre d'experts et hauts responsables du gouvernement et de l'armée pressentaient anonymement: l'homme fort de l'Egypte fera acte de candidature après le référendum si la participation à ce scrutin est suffisamment élevée. Il s'agirait ainsi d'une sorte de plébiscite tant le nouveau projet de Constitution ne modifie qu'à la marge la précédente loi fondamentale.

Le taux de participation au référendum comme "indicateur"

Les propos du général Sissi rapportés par al-Ahram ont été confirmés à l'AFP par un haut responsable qui y assistait et a requis l'anonymat.

Un autre, considéré comme proche du ministre de la Défense, a assuré cependant à l'AFP que le général n'avait "pas encore pris sa décision" d'être candidat mais qu'il ne pouvait "s'offrir le luxe de décliner" si une frange importante de la population le lui demandait.

Interrogé sur la forme de soutien de l'opinion que M. Sissi attendait, ce responsable a confirmé à l'AFP que le taux de participation au référendum de mardi et mercredi serait un "indicateur". "Il ne laissera jamais tomber le peuple", a conclu ce proche du général.

Abdel Fattah al-Sissi, 59 ans, ancien chef du renseignement militaire, avait été nommé chef de la toute puissante armée égyptienne en 2012 sous le régime de M. Morsi.

C'est lui qui a annoncé le 3 juillet la destitution du chef de l'Etat islamiste et nommé le même jour le gouvernement et le président de transition, exigeant dans son discours qu'ils organisent des élections "libres" dans la première moitié de 2014.

Depuis le 14 août, quand policiers et soldats ont dispersé violemment des rassemblements de pro-Morsi au Caire, plus d'un millier d'entre eux ont été tués et des milliers de Frères arrêtés, dont la quasi-totalité des leaders de la confrérie. A l'instar de M. Morsi, ils sont depuis jugés notamment pour incitation au meurtre de manifestants quand ils étaient au pouvoir et encourent la peine de mort.

Pour justifier son coup de force du 3 juillet, le général Sissi avait invoqué les millions de manifestants qui avaient réclamé le 30 juin le départ de M. Morsi, l'accusant notamment de vouloir islamiser à marche forcée la société égyptienne et d'avoir failli à redresser une économie au bord de la banqueroute.

AFP

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