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En Algérie, on fait la chasse aux débits de boissons

Comme dans de nombreux pays du Maghreb, on sait qu’il n’est pas aisé de boire de l’alcool n’importe où et n’importe comment en Algérie. La réglementation en la matière est en effet des plus contrôlées.

Seulement, comme le souligne le site Algérie360, qui reprend un article du quotidien algérien Liberté, les mesures de contrôle renforcées en 2006 menacent l’activité des débits de boissons dans le pays. Les bars et autres lieux de vente subissent au quotidien des pressions de toute sorte.

Liberté fait savoir qu'entre 2005 et 2008 par exemple, plus de 2.000 commerces ont été fermés en Algérie. Et les différentes circonscriptions administratives du pays, les wilayas, accentuent la pression depuis ces dernières années sur les tenanciers qui essaient de faire de la résistance.

La conséquence de tout cela est que les consommateurs, du moins les non-musulmans, doivent parfois effectuer des trajets de 80 à 100 kilomètres pour pouvoir s’approvisionner. Pis encore, la fermeture des établissements a également entraîné le trafic de boissons alcoolisées. La clandestinité a pris le relais, et chaque mois, près de 50.000 bouteilles de bière ou de vin en moyenne sont saisies sur les routes ou dans les dépôts clandestins.

Mais si l’alcool est difficile à trouver dans les différentes régions du pays, du fait des fermetures intempestives et parfois arbitraires, indique Liberté, le phénomène n’est pas encore vraiment perceptible dans la capitale —même si des menaces se font sentir.

Dans un quartier d’Alger, un propriétaire de débit de boissons s’est vu signifier la fermeture pure et simple de son établissement pour six mois, au motif qu’il a fermé 20 minutes en retard, un soir. Liberté rapporte aussi qu’un autre commerce a failli être incendié par un groupe de gens qui se proclamaient «défenseurs de la morale».

Pourtant, la loi algérienne autorise la fabrication sous licence de plus d’une vingtaine de marques mondiales de boissons alcoolisées, en plus de celles fabriquées localement.

Alors pourquoi ces fermetures intempestives? En attendant une réponse claire, un expert interviewé par Liberté explique:

«Ces fermetures provoqueront une évasion fiscale extraordinaire en plus de la perte d’emplois.Tout le monde va s’y mettre et la clandestinité prendra le dessus. Car l’Algérie est productrice de vins et de bières. Avec cette prohibition, la marchandise frelatée prendra le relais au détriment de la santé publique et de l’économie nationale.»

Lu sur Liberté