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Somalie: un ex-Premier ministre élu président de la région du Puntland

Un ancien Premier ministre somalien, Abdiweli Mohamed Ali, a été élu mercredi président du Puntland, devançant d'une voix le favori pour diriger cette région semi-autonome de la Somalie connue pour abriter de nombreux pirates et régulièrement en proie aux attaques d'islamistes.

M. Ali, un économiste approchant la cinquantaine, a été élu par 33 des 66 députés au troisième tour de scrutin, avec une voix seulement de plus que le président sortant Abdurahman Mohamed Farole, qui était arrivé en tête des deux tours précédents. Un bulletin a été déclaré non valide.

Les députés avaient été nommés le mois dernier par un groupe de chefs locaux.

"Je suis très reconnaissant à mon peuple qui m'a soutenu et m'a fait confiance pour diriger le Puntland", a déclaré M. Ali.

M. Farole a accepté sa défaite, souhaitant la réussite de son rival et assurant que l'élection avait été "honnête et démocratique".

"Je soutiens entièrement l'élection d'Abdiweli et je m'attends à ce qu'il dirige la région aussi bien que nous l'avons fait", a ajouté le président sortant.

A la pointe nord-est de la Somalie, le Puntland, région pauvre, a déclaré son autonomie en 1998, sans toutefois faire sécession avec la Somalie, contrairement à son voisin le Somaliland qui a proclamé son indépendance dès 1991.

La région, qui représente à elle seule près d'un tiers du territoire somalien, reconnaît l'autorité du gouvernement de Mogadiscio dans un cadre fédéral et fonctionne avec ses propres institutions et sa propre administration.

Ravagée par des années de guerre comme le reste de la Somalie, elle est aussi un repaire de pirates, qui opèrent depuis les côtes sur l'océan Indien.

Un test pour l'ensemble de la Somalie

Abdiweli Mohamed Ali est né dans ce qui est aujourd'hui le Puntland en 1965. Parti d'abord étudier dans la capitale somalienne Mogadiscio, il a ensuite mené une brillante carrière académique aux Etats-Unis, où il a notamment enseigné à Harvard.

Parlant l'anglais, l'italien et l'arabe en plus du somali, il a occupé le poste de Premier ministre de la Somalie de juin 2011 à octobre 2012, avant de brièvement siéger comme député au Parlement de Mogadiscio.

L'International Crisis Group (ICG) avait dit suivre de près les élections au Puntland, pour leur valeur d'exemple: le Puntland était la première des régions de Somalie à abandonner un système de représentation clanique pour tenter l'expérience d'un gouvernement élu. Les autres régions se sont engagées à suivre d'ici à 2016.

"L'expérience du Puntland montre aux donateurs et aux autres acteurs internationaux qu'ils doivent tenir compte des réalités politiques locales, notamment (...) de la solidité des institutions", avait-il poursuivi dans un rapport publié juste avant le scrutin.

Dans la perspective de l'élection, les autorités du Puntland avaient renforcé la sécurité dans la capitale régionale Garowe. Des routes avaient été bouclées dès mardi soir et la zone entourant le Parlement fermée aux piétons.

Début décembre, un attentat à la voiture piégé dans le principal port du Puntland, Bossasso, avait fait au moins 11 morts.

Les insurgés islamistes shebab, en lutte contre les autorités somaliennes, opèrent notamment depuis les montagnes de Golis, au sud-ouest de Bossasso.

La région échappe au contrôle aussi bien des autorités du Puntland que de Mogadiscio : elle est entre les mains du chef de guerre, trafiquant d'armes et allié des shebab Mohamed Said Atom, sous sanctions onusiennes pour "enlèvement, piraterie et terrorisme".

Le nouveau président du Puntland est élu pour les quatre prochaines années. Le scrutin était initialement prévu en juillet, mais avait été reporté pour raisons de sécurité.

Le fait que tous les candidats (onze au total) à la présidentielle étaient issus du même clan Majerteen, lui-même un sous-clan du groupe Darod majoritaire dans la région, était cependant perçu par les observateurs comme un facteur favorable à une élection relativement pacifique.

La Somalie est déchirée par une guerre civile depuis la chute du président Siad Barre en 1991.

Selon les experts, le principal obstacle vers la paix est la lutte menée par des insurgés islamistes shebab actifs dans la région.

 

AFP

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