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Sommet sur la Centrafrique: force africaine et avenir de Djotodia au menu

Les pays d'Afrique centrale tiennent jeudi un nouveau sommet à N'Djamena sur la crise en Centrafrique, convoqué par le Tchad au moment où la France pousse pour une montée en puissance au plus vite de la force africaine (Misca).

Selon Paris, qui ne veut pas engager plus de troupes sur le terrain et réclame une augmentation rapide des effectifs de la Misca, le sommet des dix pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) pourrait également aboutir à des "décisions" sur l'avenir du président de transition Michel Djotodia.

La présidence centrafricaine a de son côté assuré que le départ de M. Djotodia - vivement critiqué par la communauté internationale pour son incapacité à mettre un terme aux violences - "n'était pas à l'ordre du jour".

Dans la capitale centrafricaine, les tueries à grande échelle de ces dernières semaines ont progressivement cessé et une partie de la ville avait retrouvé mercredi une activité quasi-normale.

Mais des exactions et des tirs sporadiques sont encore signalés presque toutes les nuits malgré le déploiement massif des soldats français de l'opération Sangaris et de ceux de la Misca.

Dans les camps de déplacés où s'entassent des dizaines de milliers de personnes, l'Unicef a brandi mercredi le risque d'une "catastrophe" sanitaire en cas d'épidémie mortelle.

Le sommet de jeudi a été convoqué par le chef de l'Etat tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de l'organisation et dont l'armée joue un rôle majeur dans la Misca.

Mis en cause par des habitants de Bangui pour sa proximité avec les ex-rebelles de la Séléka coupables d'innombrables exactions, le contingent tchadien a malgré tout reçu un soutien très net de l'Union africaine (UA) le 28 décembre.

L'UA, comme la France, cherche toujours plus de troupes pour la Misca, forte actuellement d'environ 4.000 hommes. Or le Tchad, puissant voisin tutélaire de la Centrafrique, possède l'une des armées les plus aguerries de la région.

"Prévoir un plan B"

Selon une source diplomatique africaine, la convocation du sommet "n'est pas étrangère" à la tournée dans la région la semaine dernière - notamment à N'Djamena où il s'est entretenu avec M. Déby - du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Mardi, M. Le Drian a estimé que la France n'avait pas "dans l'état actuel des choses" de raisons "particulières" d'envoyer des renforts.

"On appréciera la situation au début du mois de février (...) La Misca devra être absolument opérationnelle dans ces délais-là", a-t-il insisté.

Le ministre français des Affaires étragnères, Laurent Fabius, a lui aussi écarté mercredi la possibilité de renforcer le dispositif français.

"La Misca monte en régime et passera bientôt à 6.000 hommes (...) Elle joue déjà son rôle sur le terrain. Donc, il n'y aura pas de renforts en Centrafrique. Nous maintiendrons notre contingent de 1.600 hommes", a-t-il dit au quotidien le Parisien.

Le service diplomatique de l'Union européenne a de son côté proposé aux Etats membres des options pour lancer une mission militaire en appui aux opérations africaine et française.

Un peu plus d'un mois après le début, le 5 décembre de l'intervention française, aucune perspective politique durable de sortie de crise ne se dessine, alors que les violences ont provoqué des déplacements massifs de population à Bangui comme en province.

Face à cette impasse, les présidents congolais Denis Sassou Nguesso, médiateur africain dans la crise et tchadien Déby "voudraient rebattre les cartes car ça ne marche pas bien et il faut prévoir un plan B", selon une source diplomatique occidentale.

"Il est envisagé que les pays de la région (Afrique centrale) se réunissent jeudi pour prendre des décisions", selon M. Fabius, interrogé sur le maintien au pouvoir de M. Djotodia.

Mais les chefs d'Etat pourraient également opter pour une clarification des accords politiques actuels interdisant à tous ceux qui gèrent la transition d'être candidats aux futures élections.

En l'état actuel, tous les chefs de partis refusent de participer à la transition en cours, bloquant toute tentative d'"union nationale".

Le président français François Hollande souhaite que des élections générales soient organisés au plus tôt, avant la fin 2014.

M. Djotodia s'est engagé, sous la pression de la CEEAC, à ne pas se présenter à la présidentielle.

Depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka, dirigée par M. Djotodia, la Centrafrique a été emportée dans une spirale de violences communautaires et interreligieuses.

 

AFP

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