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Soudan du Sud: les pourparlers sur un cessez-le-feu retardés

L'ouverture prévue samedi de pourparlers directs entre les deux camps en conflit au Soudan du Sud a été reportée sine die, fragilisant l'espoir d'un rapide cessez-le-feu dans un pays au bord de la guerre civile et où de violents combats se poursuivaient autour de la ville stratégique de Bor.

Les deux camps, tout en annonçant le report des discussions directes,  continuaient néanmoins samedi de rencontrer séparément les délégués des pays de la région qui parrainent la négociation.

Le ministre sud-soudanais de l'Information Michael Makuei et le porte-parole de la délégation des rebelles, Yohanis Musa Pouk, ont précisé que les deux parties -celles du président Salva Kiir et de son ancien vice-président Riek Lachar- ne se parleraient pas en tête-à-tête avant qu'un ordre du jour des négociations n'ait été établi et approuvé de part et d'autre.

Pendant ce temps, de violents combats se poursuivaient dans la région de la ville de Bor, à 200 km au nord de Juba, la capitale, que l'armée veut reprendre aux rebelles.

"Nos forces continuent d'avancer vers Bor, il y eu de féroces batailles vendredi", a dit samedi à l'AFP le porte-parole de l'armée sud-soudanaise Philip Aguer qui avait assuré la veille que les rebelles battaient en retraite.

Des combats intenses, impliquant des chars et de l'artillerie, se dérouleraient dans les environs de cette ville qui a changé trois fois de mains en trois semaines de conflit.

Le conflit, commencé le 15 décembre entre les unités de l'armée fidèles à M. Kiir et la rébellion soutenant M. Machar, aurait déjà fait des milliers de morts et 200.000 déplacés.

Les Etat-Unis ont commencé l'évacuation de leurs ressortissants, tout comme la Grande-Bretagne, l'Ethiopie, le Kenya, l'Ouganda et la Somalie notammment.

Le coordinateur humanitaire de l'ONU au Soudan du Sud, Toby Lanzer, a rappelé qu'il était impératif pour les belligérants de protéger les civils.

"Davantage de gens sont arrivés dans nos camps à Juba ... Nous accueillons désormais 30.000 personnes dans la seule capitale", a déclaré M.Lanzer, ajoutant que la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) allait "renforcer sa présence" dans le pays.

"Des renforts sont déjà arrivés," a déclaré la Minuss dans un communiqué, annonçant des avions supplémentaires la semaine prochaine pour le ravitaillement. 

Rôle clef des pays voisins

A Addis Abeba, le ministre sud-soudanais, M. Makuei, a déclaré que les chefs des deux délégations s'étaient brièvement vues vendredi soir.

Selon lui, ils attendent désormais les consignes des négociateurs de l'Autorité intergouvernementale pour le développement en Afrique de l'Est (IGAD).

"Les chefs des deux délégations doivent s'accorder sur un ordre du jour (...) peut-être demain ou après-demain", a dit pour sa part M. Pouk à l'AFP.

"Il n'y a aucun signe permettant de dire que le processus de négociations est un échec", a déclaré Hussein Mar Nyout, ancien vice-gouverneur de l'Etat de Jonglei et membre de la délégation rebelle.

"Les médiateurs vont finir aujourd'hui la consultation des groupes pour mettre au point un ordre du jour (...), avant d'entamer les négociations" a-t-il précisé. 

L'IGAD, dont font partie l'Ethiopie, le Kenya ainsi que l'Ouganda - trois soutiens forts du gouvernement du président Kiir - a joué un rôle clé dans l'accord de 2005 mettant fin à deux décennies guerre civile au Soudan.

L'Ouganda avait déployé des troupes à l'intérieur du pays pour évacuer les habitants et renforcer le soutien au président sud-soudanais.

 

Crise humanitaire

 

Les combats ont commencé quand M. Kiir a accusé M. Machar - limogé de son poste en juillet 2013 - d'avoir tenté un coup d'Etat. M. Machar a rejeté cette accusation, accusant le président d'avoir voulu éliminer ses rivaux. La rivalité politique se double d'un conflit entre ethnies.

Des violences ont éclaté à travers les pays, les rebelles prenant le contrôle de plusieurs régions du nord, riches en pétrole. 

Les conflits dans ce pays enclavé de près de 11 millions d'habitants, ont forcé environ 200.000 personnes à fuir leur foyer et "touché indirectement plusieurs centaines de milliers de personnes", a déclaré M. Toby Lanzer. Selon l'ONU, des dizaines de milliers de personnes ont cherché refuge auprès des Casques bleus.

Les forces de maintien de la paix des Nations Unies ont déclaré cette semaine que des atrocités continuent à être perpétrés dans ce pays qui a obtenu son indépendance en 2011.

Les combats revêtent également une dimension tribale, exacerbant les antagonismes entre Dinka, tribu de M. Kiir, et Nuer, celle de M. Machar.

Mardi, Riek Machar, a exclu tout cessez-le-feu ou face-à-face direct avec Salva Kiir dans l'immédiat.

M. Kiir, qui a qualifié cette guerre d'"absurde", a quant à lui exclu toute possibilité de partage du pouvoir avec les rebelles de Machar.

AFP

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