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RDC: des commandos en larmes après la mort du colonel Ndala

Des commandos en larmes, submergés par le chagrin, la colère et l'incompréhension: la mort du colonel Mamadou Ndala, officier très populaire tué dans une embuscade jeudi dans l'est de la République démocratique du Congo, laisse ses hommes inconsolables.

Jeudi matin, une roquette a touché la jeep du colonel Ndala à Matembo, une localité du territoire de Beni, situé dans le nord de la province riche et instable du Nord-Kivu (Est), où sévissent plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers.

"Juste quand on est arrivé à Matembo, une roquette est venue du côté droit de la route et a atteint notre jeep, surmontée d'une arme lourde. J'ai commencé à tirer jusqu'à terminer toutes mes munitions, mais nos agresseurs avançaient toujours", explique le caporal Paul Safari, un garde du corps du colonel Ndala.

"Quand la roquette a touché la jeep, le colonel était toujours en vie. Quand j'ai fui, je ne l'ai pas vu sortir de la voiture, je ne sais pas s'il est vivant ou pas", a-t-il précisé.

Puis, le choc: "J'ai une triste nouvelle. Le colonel Mamadou Ndala a été tué. (...) Il était en route vers Eringeti, à 54 km de (la ville de) Beni pour le déploiement d'un bataillon de commandos quand sa jeep est tombée dans une embuscade", annonce Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.

Un jeune colonel, d'une trentaine d'années

Après l'attaque à la roquette, des renforts ont été envoyés sur place. Sur place, pas de doute sur la violence des combats. Dans un virage bordé de palmiers à huile et de roseaux, la jeep du colonel, surmontée d'une arme lourde, est entièrement calcinée, encore fumante, le moteur à l'air.

Près de la jeep, des traces de sang et des douilles. A l'intérieur, le corps calciné et décapité du colonel Ndala, qui avait une trentaine d'années. "Cherchez un sachet et mettez-y les restes du corps du commandant", intime un major tout juste arrivé dans une jeep pleine de commandos.

Le caporal Safari est en larmes. Un peu partout, des commandos pleurent aussi. Ils ne comprennent pas comment leur chef a pu mourir alors que les combats sérieux n'ont pas commencé avec les groupes armés qu'ils sont venus déloger.

Il y a plus d'une semaine, le colonel Ndala, le commandant de l'unité, expliquait souriant sur la télévision publique que les groupes armés étaient appelés à la reddition "sans délai et sans condition" -conformément à l'appel lancé par l président Joseph Kabila.

Les groupes armés doivent "se rendre au centre de la Monusco (Mission de l'ONU) le plus proche, ou soit aux positions des FARDC les plus proches, ou soit au chef coutumier le plus proche d'eux", avait-il précisé. Et d'insister: seuls "les FARDC, la police nationale et la Monusco" ont le droit de porter une arme.

"Celui qui a exterminé le M23!"

Leur première cible était la rébellion ougandaise Alliance des forces démocratiques et de l'Armée nationale pour la libération de l'Ouganda (ADF-Nalu), née au milieu des années 1990 de la fusion de deux groupes armés opposés au président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.

Ses combattants ont toujours trouvé un abri au Zaïre, devenu RDC en 1997, sur les pentes verdoyantes de la chaîne volcanique du Rwenzori, qui culmine à plus de 5.000 mètres et se trouve à bonne distance du lieu de l'attaque.

Mais pour M. Mende et un officier de la Monusco, une embuscade des ADF-Nalu, qui pactisent avec des groupes armés locaux, n'est pas à exclure. Le caporal Safari n'en n'est pas si sûr: J'ai vu deux des assaillants, et ils portaient l'ancienne tenue verte des FARDC. Je ne crois pas que ce soit les ADF-Nalu".

Près de la jeep, des commandos accusent des frères d'armes de "régiment" d'avoir tué leur chef. "Ils sont jaloux à cause de notre succès dans le Rutshuru! Ils vont nous sentir!", a lancé l'un d'eux, dont l'avis est partagé par certains.

Le colonel Mamadou Ndala était en effet crédité pour de brillantes victoires contre la rébellion Mouvement du 23 mars (M23), présumée soutenue par le Rwanda et l'Ouganda voisins, et qui a capitulé le 5 novembre après une offensive musclée de l'armée et de la brigade d'intervention de l'ONU.

Des soldats népalais de la Monusco arrivent avec des blindés, prennent des photos et repartent.

Des paysans alertés par la mort d'un commandant s'approchent. "C'est quel commandant qui est mort?", demandent-ils tous. En apprenant la nouvelle, c'est la désolation: "Mamadou... Mamadou! Celui qui a exterminé le M23? Oh non..."

AFP

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