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Des soldats français en Centrafrique. REUTERS/Andreea Campeanu
Des soldats français en Centrafrique. REUTERS/Andreea Campeanu

Centrafrique: l'opération Sangaris et les risques d'un enlisement

Un mois après le début de l'intervention militaire française en Centrafrique, son issue est à la fois incertaine et problématique.

Mais qu’est-il allé faire dans cette galère? Près d'un mois après que François Hollande a ordonné l’intervention française en République centrafricaine, aucune stabilisation de la situation n’est en vue. Les mots «enlisement» ou «bourbier» commencent à être prononcés.

C’est certes prématuré, mais significatif de l’état de l’opinion vis-à-vis de ces interventions extérieures, des guerres qui ne disent pas leur nom et qu’on aimerait voir terminées avant qu’elles aient vraiment commencé. Cette attitude est involontairement encouragée par les responsables politiques eux-mêmes: pour s’assurer un acquiescement majoritaire, ils ont tendance à minimiser et les forces engagées et la durée des engagements.

En présentant l’opération Sangaris, le président de la République avait d’abord énoncé un objectif simple: éviter la répétition des massacres qui avaient commencé à Bangui; expédié des forces modestes: 1.600 hommes; pour un temps limité: six mois. Le contingent français venait officiellement en appui de la force interafricaine Misca, qui devait ensuite prendre le relais. Comme au Mali, la Minusma devait assurer la sécurité après le retrait, au moins partiel, des Français.

Or, plusieurs constats peuvent être faits: 1) les soldats français doivent rester plus nombreux et plus longtemps que prévu à l’origine; 2) les forces africaines sont mal préparées aux missions qu’elles sont supposées remplir, sauf exception, par exemple les Tchadiens, qui posent par ailleurs d’autres problèmes; 3) la solution n’est pas militaire mais politique, mais ce qui a été —difficilement— possible au Mali ne l’est pas nécessairement en RCA.

Tout ceci ne veut pas dire que François Hollande a eu tort de prendre la décision d’intervenir à Bangui. Cette intervention est légitime dans la mesure où elle vise à empêcher des massacres de populations civiles dans une situation que la Maison blanche a qualifiée de «prégénocidaire». Elle est légale puisqu’elle a reçu le soutien unanime du Conseil de sécurité de l’ONU à travers la résolution 2127, votée le 5 décembre.

La France a le douteux privilège d’être la seule puissance, européenne au moins, à avoir à la fois la capacité et la volonté d’intervenir en Afrique, a fortiori dans des anciennes colonies qui ont gardé des liens étroits avec l’ex-métropole. Dans les débats des années 2000, les interventionnistes de gauche aux Etats-Unis avaient fait de l’absence d’intérêts économiques immédiats un critère de la moralité des interventions extérieures. C’est globalement le cas en RCA.

Venant après l’intervention au Mali, l’opération «Sangaris» n’en place pas moins les responsables français devant un certain nombre de défis auxquels ils n’ont, à ce jour, pas apporté de réponse.

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