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Burundi - Pourquoi ce carnage dans un bar

Le bar s'appelle «Chez les amis» mais cela ne l'a pas empêché d'être la cible, sans raison apparente, d'une attaque armée sanglante.

Pourquoi? Beaucoup de questions se posent au sujet de cette tuerie, perpétrée dans la nuit de dimanche 18 à lundi 19 septembre par des hommes armés contre des innocents qui ont eu le malheur de se trouver dans ce bar de Gatumba, une ville située à 15 km à l'ouest de Bujumbura, la capitale du Burundi.

Le bilan fait état d'au moins 36 morts et de nombreux blessés graves. Rapporté par l'hebdomadaire burundais Iwacu, le récit du drame par un rescapé est effroyable:

«Il était 19 h 40 minutes de ce dimanche. Alors qu’on prenait un verre en toute quiétude, un groupe d’hommes en tenue policière avec des imperméables surgit. Ils étaient lourdement armés. Ils ont commencé à lancer des grenades et à tirer sur tout ce qui bougeait: hommes, femmes et enfants.»

Signe de la gravité et du traumatisme causés par un tel acte, le président Pierre Nkurunziza a décrété trois jours de deuil national. Le chef de l'Etat s'est rendu sur les lieux, avec d'autres membres du gouvernement, des autorités, de la société civile mais aussi du corps diplomatique, dont les ambassadeurs de Belgique et de France.

Le président burundais a donné un mois à la police pour trouver les criminels et n'exclut pas le recours à la justice internationale si nécessaire. Il a annoncé la prise en charge des blessés et des tués.

Il s'agit d'«un nouveau pas dans l'escalade de la violence politique de ces derniers mois», commente RFI. Pour Gatumba, c'est un nouveau cauchemar. Il y a sept ans, la ville frontalière de la République démocratique du Congo avait été le théâtre du massacre de 166 Tutsi congolais.

«C'est l'attaque la plus meurtrière depuis les élections contestées de l'an dernier», note la BBC. L'ancien chef rebelle Agathon Rwasa s'était retiré du scrutin et avit fui le pays après que ses Forces Nationales de Liberation (FNL) aient accusé le gouvernment de fraudes.

Récemment le gouvernement du Burundi a dénoncé des attaques commises par des bandits mais certains craignent qu'il s'agisse de l'oeuvre d'un nouveau groupe de rebelles.

Lu sur Iwacu, RFI, BBC News