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Niger: manifestation contre le président Issoufou

Des milliers de Nigériens ont manifesté samedi à Niamey à l'appel de l'opposition, accusant le régime du président Mahamadou Issoufou de "corruption" et "dictature" et lui reprochant de "censurer" les opposants dans les médias publics.

"A bas le régime!", "non à la dictature!", ont scandé les manifestants durant près de trois heures devant le Parlement, dans le centre ville, avant un meeting animé par les principaux chefs de l'opposition membres de l'Alliance pour la république, la démocratie et la réconciliation (ARDR).

Certains manifestants brandissaient des banderoles hostiles au pouvoir, d'autres des portraits de Mamadou Tandja, l'ex-président renversé par des militaires en 2010, et toujours populaire dans le pays.

Il s'agissait de la première grande manifestation de rue hostile au président Issoufou, opposant historique, depuis son élection en 2011, alors que le chef de l'Etat sera, selon ses proches, candidat à sa propre succession en 2016.

Le chef de file de l'opposition, l'ex-Premier ministre Seïni Oumarou, a dénoncé "la mauvaise gouvernance et la corruption" qui, a-t-il dit, "prennent de l'ampleur" dans le pays où "la sécurité alimentaire, le système éducatif et sanitaire sont en pleine déliquescence".

"On assiste à une appropriation pure et simple" de l'Office de radio et télévision du Niger, qui régit les médias publics, par le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme au pouvoir et "à une main mise sur certains médias privés", a-t-il poursuivi. 

L'opposant a également dénoncé un système "caractérisé par la mauvaise gouvernance, sur fond de mensonge politique, de faux bilans, d'hypothèques irrégulières, portant sur trois années de production pétrolière, de la session d'actifs pétrolier sur le bloc d'Agadem (est-Niger) à des sociétés étrangères (ndlr, chinoises) dans des conditions troubles".

"On assiste à un pillage organisé des ressources nationales", a-t-il lancé.

Selon lui, le président Issoufou veut se constituer "un trésor de guerre" destiné "à l'achat de consciences et des votes pour s'assurer une victoire au premier tour lors de la présidentielle de 2016".

L'ex-président Mahamane Ousmane (1993-1996) et Hama Amadou, le président du Parlement - passé dans l'opposition après avoir quitté mi-août la coalition au pouvoir - ont aussi pris la parole pour accuser le chef de l'Etat de "diviser les partis dans le but d'imposer une dictature personnelle".

AFP

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