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Centrafrique: Hollande appelle l'ONU

François Hollande a demandé vendredi à l'ONU de jouer "un rôle plus important" en Centrafrique, un  appel qui intervient dans un contexte d'extrême confusion à Bangui, où le bilan des violences ne cesse de s'alourdir.

Au cours d'un entretien téléphonique avec Ban Ki-moon, le président a souhaité  que "les Nations unies jouent un rôle plus important encore dans la période de transition en Centrafrique", après l'avoir remercié "pour l'action déployée par les Nations unies en vue de renforcer" la force africaine sur place, la Misca.

Après cet entretien, les Nations unies ont annoncé vendredi qu'elles comptaient intensifier les discussions sur l'éventuel déploiement d'une force de maintien de la paix.

"Des consultations supplémentaires entre des membres du Conseil de sécurité et l'Union africaine vont avoir lieu très rapidement dans les prochains jours", a indiqué l'ONU dans un communiqué.

Lors du vote du Conseil donnant mandat à la France pour intervenir en Centrafrique, le 5 décembre, la résolution envisageait la transformation de la Misca en force de maintien de la paix de l'ONU, mais à condition que le Conseil donne son feu vert.

De source proche du président français, on rappelle que le secrétaire général de l'ONU doit rédiger "au plus tard" dans les trois mois un rapport sur la transformation éventuelle de la Misca en une opération de l'ONU.

Selon des diplomates, Ban pourrait envoyer une force de maintien de la paix "d'urgence", dont les effectifs seraient prélevés sur d'autres missions.

Interrogé sur la radio RTL, l'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, a réitiré vendredi son appel à l'envoi urgent de Casques bleus. 

"Je demande à ce que les forces onusiennes puissent être déployées pour aider l'armée française qui est là et qui fait ce qu'il faut faire, mais les limites, nous les voyons chaque jour avec le déplacement massif de gens qui quittent les quartiers et qui vont dans un autre quartier, ou bien encore avec les éléments incontrôlés qui tirent et qui tuent ou qui empêchent les autres de se déplacer", a-t-il dit.

La présence militaire française était massive vendredi dans les rues de Bangui, où des tirs ont encore retenti durant la nuit.

La Croix-Rouge ne dispose pas d'un bilan complet, mais certaines estimations font état d'un millier de personnes tuées par balle ou à l'arme blanche en Centrafrique, depuis le 5 décembre.

 

Le président Djotodia, protégé par sa garde issue de l'ex-Séléka

Vendredi matin, au moins un civil a été tué et plusieurs enfants blessés par des grenades lancées par des soldats tchadiens de la Misca qui protégeaient un convoi de leurs compatriotes civils fuyant la ville sous les injures d'une foule.

Dans la nuit, des tirs nourris ont été entendus aux abords immédiats du palais présidentiel et du camp militaire de Roux qui le jouxte, où réside le président de transition Michel Djotodia, protégé par sa garde issue de l'ex-Séléka.

Ces tirs témoignent de l'extrême confusion régnant dans la capitale depuis le déferlement de violences meurtrières de mercredi.

Une quarantaine de cadavres ont été ramassés dans la ville depuis mercredi, selon le Comité international de la Croix rouge (CICR). "Une soixantaine" de corps ont également été retrouvés lundi dans la capitale, selon un porte-parole du CICR. Parmi ces macabres découvertes 30 cadavres d'hommes non loin du camp de Roux.

"On ne peut pas vraiment parler de charnier car les corps n'étaient pas enterrés mais éparpillés sur 200 mètres environ", a expliqué à la presse le procureur de Bangui, Ghislain Gresenguet, ajoutant que toute identification était difficile en raison de leur "état de décomposition avancée".

"Certains étaient encore ligotés, d'autres avaient de larges entailles à l'arme blanche, ce qui nous fait penser qu'ils ont peut-être été torturés avant leur décès", a indiqué le magistrat, estimant probable que "les victimes ont été tuées avant et déposées là ensuite".

L'armée française avait lancé jeudi une vaste opération de "dissuasion" et de sécurisation, mobilisant 600 hommes, dans deux quartiers de la ville.

Déplacements massifs de populations

Depuis le début de l'intervention française, les violences interconfessionnelles se sont multipliées entre les milices chrétiennes "anti-balaka" (anti-machette, en langue sango) et la Séléka, l'ex-rébellion majoritairement musulmane qui a chassé le président François Bozizé en mars 2013.

Beaucoup de chrétiens, victimes pendant des mois des exactions des Séléka, ont soif de vengeance contre les ex-rebelles et les civils musulmans qui leur sont désormais associés.

Les soldats français et les troupes de la Misca peinent à calmer les violences qui se sont déclarées dans la ville, qui se découvre minée par les haines confessionnelles, après des années de cohabitation pacifique entre chrétiens et musulmans.

Les Tchadiens notamment sont accusés par une majorité de la population de soutenir les ex-rebelles Séléka -dont certains sont originaires du Tchad- et ont été impliqués récemment dans plusieurs incidents.

Ces violences ont provoqué des déplacements massifs de population dans le pays: près de 710.000 déplacés, dont 214.000 à Bangui (sur environ 800.000 habitants), selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Le Bureau des Nations Unies de coordination de l'aide humanitaire (Ocha) a indiqué dans un communiqué que les ONG avaient "urgemment besoin" de 152,2 millions de dollars au cours des trois prochains mois.

AFP

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