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Soudan du Sud : le gouvernement prêt

Le gouvernement sud-soudanais s'est dit prêt à un "cessez-le-feu immédiat" avec les rebelles de l'ex-vice président Riek Machar, ont annoncé vendredi à Nairobi des dirigeants africains, après plus de dix jours d'intenses combats qui ont conduit la jeune nation au bord de la guerre civile.

Réunis en sommet à Nairobi, des dirigeants de l'Autorité intergouvernementale sur le développement (Igad), organisation de pays de la Corne de l'Afrique et d'Afrique de l'Est, ont salué dans un communiqué "l'engagement du gouvernement de la République du Soudan du Sud à un cessez-le-feu immédiat et appellent le Dr. Riek Machar et les autres parties à prendre des engagements similaires".

Sur le terrain, les combats, qui frappent au moins la moitié des dix Etats sud-soudanais, se poursuivaient cependant, les deux parties affirmant notamment chacune avoir pris le contrôle d'une nouvelle ville stratégique en proie aux combats depuis le 23 décembre : Malakal, la capitale de l'Etat du Haut-Nil, riche en pétrole.

Les dirigeants de l'Igad ont d'ailleurs enjoint le président sud-soudanais, Salva Kiir, et Riek Machar à dialoguer et à cesser les hostilités d'ici au 31 décembre. Faute de quoi, ils prendront d'autres mesures, ont-ils ajouté à l'issue de leur réunion, sans plus de précision.

Les rivaux Kiir et Machar ont formellement accepté d'entamer des pourparlers, mais sans fixer de date. 

Le Soudan du Sud est déchiré depuis le 15 décembre par d'intenses combats qui menacent de dégénérer en guerre civile. Au coeur de ce conflit, une rivalité entre le président Kiir et son ex-vice président, limogé en juillet.

Le premier accuse le second de tentative de coup d'Etat. Riek Machar nie et reproche à Salva Kiir de simplement chercher à éliminer ses rivaux. Les forces rebelles ont cependant pris en quelques jours le contrôle de capitales régionales clés comme Bentiu, dans l'Etat pétrolier d'Unité, et Bor, dans celui du Jonglei, reprise par l'armée mardi.

Vendredi, l'Igad, qui avait déjà oeuvré à la conclusion de l'accord de paix entre la rébellion sudiste et Khartoum qui avait mis fin en 2005 à la guerre civile Nord-Sud et ouvert la voie à l'indépendance de Juba en juillet 2011, a de condamné "toute action défiant l'ordre constitutionnel et l'Etat de droit".

Meurtres, viols, massacre

Le récent conflit dans la jeune Nation, indépendante du Soudan depuis seulement juillet 2011, est alimenté par une vieille rivalité politique, qui utilise et exacerbe la dimension ethnique: les Dinka de Salva Kiir, contre les Nuer de Riek Machar.

Depuis plusieurs jours, des informations émergent sur des violences entre communautés: meurtres, viols, massacre.

L'ONU a annoncé la découverte d'au moins un charnier à Bentiu et un bilan, sur l'ensemble du pays, de plusieurs milliers de morts. Toujours selon elle, plus de 120.000 personnes ont été déplacées depuis une dizaine de jours.

"Ce conflit, qui était d'abord un conflit politique, a dégénéré en une confrontation armée et prend maintenant un caractère tribal, ce qui peut déchirer le tissu social du pays et menacer les institutions de l'Etat", s'est alarmé vendredi le directeur du département Paix et Sécurité de l'Union africaine, El Ghassim Wane, dans un entretien à l'AFP. "C'est pour cela que nous pensons qu'il est si important de mettre un terme aux combats, et d'entamer un dialogue inclusif".

Le sommet de l'Igad est le dernier effort diplomatique en date de la communauté internationale (ONU, Etats-Unis, pays africains, Chine) pour tenter d'enrayer la crise sud-soudanaise.

Les Etats-Unis, parrains de l'indépendance en 2011 et principal soutien politique et économique du pays depuis, ont réaffirmé jeudi à l'adresse des deux rivaux que leur aide cesserait en cas de coup de force militaire.

Les Nations unies, dont le secrétaire général Ban Ki-moon a menacé mercredi de sanctions les responsables d'exactions, tentent de leur côté d'envoyer d'ici à la fin de la semaine des renforts de Casques bleus dans le pays.

L'ONU, débordée aux premiers jours des combats, a décidé d'envoyer 6.000 Casques bleus supplémentaires et des moyens aériens (six hélicoptères de combat ou de transport et un avion C130) afin de mieux protéger les civils venus se réfugier dans ses bases par dizaines de milliers. Ce renfort portera à 12.500 le nombre de soldats de la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss).

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