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Sénégal - Y’en a marre lance sa campagne «Electorap»

Pas de consigne de vote, mais un programme d’actions bien rempli. A l’approche de l'élection présidentielle de février 2012, le collectif de rappeurs sénégalais «Y’en a marre» s’organise, indiquait Senego.com le 18 septembre.

Parallèlement à la campagne officielle, Y’en a marre mène une campagne baptisée «Electorap». L'objectif affiché? Empêcher le président Abdoulaye Wade de briguer un troisième mandat, à 85 ans.

«[Wade] peut se représenter à la présidentielle de 2017, mais pas 2012 parce que la Constitution le lui interdit. Nous avons des stratégies pour contrer sa candidature», a affirmé Cyrille Touré, dit «Thiatt», porte-parole du mouvement.

Toujours selon Thiatt, des «concerts de casseroles, une matinée des klaxons» ainsi que l’affichage de «brassards rouges sur toutes les portes des maisons et plusieurs rassemblements dans le pays» sont prévus.

Depuis sa création en janvier 2011, ce mouvement de protestation spontané bouscule le paysage politique au Sénégal. Le slogan «Y’en a marre» était déjà devenu un cri de ralliement le 23 juin lors des émeutes contre le projet de «ticket présidentiel» qui devait faire élire Wade après un seul tour de scrutin avec une majorité de 25%, tout en installant son fils Karim au poste de vice-président.

Sous la pression, le président sénégalais a finalement renoncé à modifier la Constitution en sa faveur. En revanche, il est autorisé par une précédente révision constitutionnelle à se présenter en 2012.

Le mouvement citoyen cherche donc à mobiliser les citoyens et, depuis cet été, incite les jeunes à s’inscrire massivement sur les listes électorales. Un succès, selon Joseph Diouf, un des responsable du collectif, puisque 450.000 personnes, dont 80% de jeunes, se sont déjà inscrites sur les listes.

Mais Wade n’est pas seul dans la ligne de mire des contestataires. Le collectif prévoit de passer au crible les promesses des autres candidats, et pour les tester, il les invitera sur les plateaux de télévision.

Ce sera également l’occasion de leur demander «de s’exprimer sur leur patrimoine et leur responsabilité sur la gestion du pays», indique Fadel Barro, coordinateur du mouvement.

«Nous n’avons pas de candidat pour la présidentielle de 2012 et nous ne donnerons aucune consigne de vote», ajoute Fadel Barro.

Avec cette position, les rappeurs entendent réaffirmer leur engagement apolitique. Pour l’heure, Y’en a marre organise une grande marche nationale le 11 octobre, pour protester contre les coupures d’électricité récurrentes qui empoisonnent l’activité économique et la vie des Sénégalais.

La fin de ces «délestages» avant le 30 septembre 2011 était l’une des grandes promesses de Wade; c'est aussi ce qui a motivé la création du collectif en janvier.

Lu sur Senego.com, RFI, Ferloo.com