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Boutade de Hollande: "une moins value" pour les liens franco-algériens, selon Alger

Le ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a estimé samedi à Alger que la boutade du président François Hollande sur la sécurité en Algérie était un "incident regrettable" et une "moins-value" pour les liens entre les deux pays.

Le président Hollande a déclaré le 16 décembre sur le ton de la plaisanterie devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), qui fêtait ses 70 ans, que le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, était rentré d'Algérie "sain et sauf". "C'est déjà beaucoup", avait-il ajouté.

M. Valls avait accompagné mi-décembre le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, à Alger.

L'Elysée ne conteste pas la véracité de cette plaisanterie, formulée dans un cadre complètement informel, mais n'a pas souhaité réagir officiellement.

"Il est clair qu'il s'agit d'une moins-value par rapport à l'esprit qui enveloppe nos relations et à la réalité de ce que les délégations françaises, et même autres, peuvent constater de la situation sécuritaire en Algérie", a déclaré M. Lamamra lors d'une conférence de presse avec son homologue chinois, Wang Yi.

"Nous avions terminé l'année 2012 sur le succès éclatant de la visite d'Etat de M. François Hollande en Algérie. L'année 2013 n'est pas encore terminée, nous ne souhaitons pas la terminer sur une mauvaise note, et nous souhaitons donc que nous puissions trouver dans les jours qui nous séparent de la fin de l'année un moyen de tourner la page de cet incident regrettable", a-t-il également dit.

La presse algérienne a vivement critiqué la déclaration de M. Hollande. Samedi encore, elle faisait la une des journaux arabophones El-Khabar, Echorouk et Ennahar. "Hollande se moque de l'Algérie devant les juifs", pouvait-on lire en première page.

Et tant sur les sites d'information en ligne que sur les réseaux sociaux, nombre de lecteurs algériens se sont déchaînés contre le président français, pourtant jusqu'à présent très populaire dans le pays.

Samedi, le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'Homme (CNCPPDH, gouvernementale), Farouk Ksentini, a appelé M. Hollande à présenter des excuses pour ses propos "provocateurs à l'encontre de l'Algérie".

Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP, islamiste), Abderezzak Mokri, a appelé les autorités algériennes à réagir à ces propos qui constituent, a-t-il dit, "une atteinte flagrante à l'Algérie".

A Paris, un responsable du parti de droite UMP, Geoffroy Didier, a qualifié "d'indigne" et "d'ironie fétide" la boutade de François Hollande et a estimé que le chef de l'Etat devait "présenter ses excuses au peuple algérien".

 

Alger

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