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Présidentielle

Les Malgaches s'apprêtaient à voter vendredi pour le deuxième tour d'une élection présidentielle au résultat incertain, opposant les poulains de l'ancien président Marc Ravalomanana et de son rival Andry Rajoelina, tous deux interdits de scrutin.

A quelques heures du vote, la Cour électorale spéciale (CES) a créé la surprise en interdisant mercredi soir à l'homme fort du pays, M. Rajoelina, d'assister à des meetings, alors que la campagne électorale était quasiment achevée.

Le vote oppose Hery Rajaonarimampianina, soutenu par M. Rajoelina et arrivé en tête du premier tour il y a près de deux mois, au Dr Robinson Jean Louis, qui bénéficie de l'appui de Marc Ravalomanana, l'ancien président renversé en 2009 par M. Rajoelina.

Interrogé sur la décision de la CES, son président François Rakotozafy a reconnu auprès de l'AFP qu'"il n'y avait pas de question de disqualification" malgré l'implication de M. Rajoelina dans la campagne.

Des experts ont également estimé que la décision de la CES n'aurait aucune conséquence légale même si des recours seront sans doute déposés.

Andry Rajoelina, qui est à la tête d'une Autorité de Transition non élue depuis qu'il a renversé le président Ravalomanana, a assisté à plusieurs meetings pour soutenir son poulain à la présidentielle. Il a aussi présenté des candidats défendant directement ses couleurs aux législatives qui se déroulent en même temps.

La campagne électorale, très animée tant pour la présidentielle que pour l'élection de 151 députés, s'est officiellement achevée à 06H00 (03H00 GMT) jeudi matin.

La "faradoboka" (dernière ligne droite) a pris fin mercredi soir avec un débat télévisé houleux entre Robinson Jean Louis, arrivée en tête du premier tour du 25 octobre avec 21,16% des voix, et Hery Rajaonarimampianina, ancien ministre des Finances d'Andry Rajoelina, qui a obtenu 15,85% des suffrages.

Ecrevisse des rizières

Les deux hommes se sont notamment intéressés à une petite écrevisse des rizières. M. Jean Louis s'en était directement pris lors d'un meeting quelques heures plus tôt à l'actuel homme fort de Madagascar, qu'il avait comparé à cet animal qui devient orange --les couleurs du camp Rajoelina-- à la cuisson et dont le nom signifiant aussi "bas de gamme" est très péjoratif en malgache, voire raciste.

Les deux camps avaient rassemblé des milliers de personnes quelques heures plus tôt pour leurs derniers meetings à Antananarivo.

Au cours de son meeting ponctué de prières évangéliques, Robinson Jean Louis a répété que sa première mesure serait de faire rentrer au pays l'ancien président Ravalomanana, qui est intervenu par téléphone depuis son exil de Johannesburg pour le soutenir. 

Il a appelé les autorités du pays à ne pas tenter de fausser les résultats, se disant sûr de la victoire grâce aux ralliements engrangés depuis le premier tour.

Jeudi soir, son directeur de cabinet Elisé Razaka a affirmé que des bulletins de vote précochés en faveur d'Hery Rajaonarimampianina avaient été découverts dans le sud du pays. 

A supposer que tous les électeurs suivent les consignes de vote --ce qui n'est pas évident, selon les politologues--, M. Jean Louis est assuré de 42,9% des voix au deuxième tour, contre 34,3% pour M. Rajaonarimampianina. 

Andry Rajoelina se trouvait de son côté mercredi soir dans un stade d'Antananarivo où son portrait était omniprésent, pour le dernier meeting de campagne, festif et musical, de son champion Hery Rajaonarimampianina. 

Il n'y a pas pris la parole --conformément au fameux décret qui allait être annulé quelques heures plus tard-- mais a ravi le public en dansant sur la scène.

Mise au ban des nations depuis 2009, Madagascar espère qu'un retour à l'ordre constitutionnel fera revenir les bailleurs de fonds et les investisseurs et rétablira l'Etat de droit dans ce pays rongé par la corruption où neuf habitants sur dix vivent avec moins de 2 dollars par jour.

MM. Rajoelina et Rajoelina n'ont pas pu se présenter sous la pression de la communauté internationale qui redoutait que leur candidature ne ravive la violence politique dans l'île.

Le Premier ministre de consensus Jean Omer Beriziky a appelé ses compatriotes à garder leur sang-froid. "Soyons calmes, et ne nous laissons pas détourner par les perturbateurs", a-t-il déclaré jeudi soir, rappelant aux fonctionnaires et aux forces de l'ordre leur devoir de neutralité.

AFP

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