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Soudan du Sud: une base de l'ONU attaquée, trois Casques bleus tués

Une base de l'ONU au Soudan du Sud a été attaquée jeudi et trois Casques bleus ont été tués, nouvelle escalade de la violence dans ce pays ensanglanté depuis dimanche par des combats entre factions de l'armée.

L'ancien vice-président du Soudan du Sud Riek Machar, accusé d'avoir initié ces combats, a appelé jeudi au renversement du président Salva Kiir et a dit n'accepter de discuter que des conditions de son départ.

L'ONU a perdu jeudi le contact avec sa base d'Akobo à Jonglei,  dans l'est du Soudan du Sud, qui avait été attaquée plus tôt dans la journée, a annoncé un porte-parole adjoint des Nations unies, Fahran Haq, à New York. "Nous ne sommes plus en contact avec la base d'Akobo", a-t-il dit.

Trois Casques bleus indiens ont été tués dans cette attaque, a indiqué  l'ambassadeur indien à l'ONU Asoke Mukerji, lors d'un débat à l'ONU à New York

Le porte-parole adjoint de l'ONU avait indiqué précédemment que trois Casques bleus indiens de la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss)  et peut-être aussi un civil travaillant pour la Mission, étaient portés disparus après cette attaque menée par des membres de l'ethnie Nuer.

Quarante des 43 Casques bleus indiens stationnés à Akobo ont été transférés dans un camp militaire de l'armée sud-soudanaise, selon la même source.

Selon l'ONU,  une trentaine de civils de l'ethnie Dinka s'étaient réfugiés sur la base.

Plus tôt dans la journée, Farhan Haq avait aussi évoqué des "informations non confirmées" sur la mort de plusieurs étudiants tués par les forces de sécurité à l'université de Juba. 

Crainte d'une guerre civile

Riek Machar, accusé par les autorités d'avoir déclenché les violences par une tentative de coup d'Etat, a appelé jeudi l'armée et le parti au pouvoir, le SPLM,  à "renverser Salva Kiir".

"S'il veut négocier les conditions de son départ du pouvoir, nous sommes d'accord. Mais il doit partir", a déclaré M. Machar sur l'antenne de Radio France Internationale (RFI), accusant Salva Kiir de tenter "d'allumer une guerre ethnique".

Le président Kiir s'était dit prêt mercredi à discuter avec son rival, officiellement en fuite.

Des rebelles, présentés comme des partisans de Riek Machar, se sont emparés mercredi soir de la localité de Bor, capitale de l'Etat de Jonglei, une propagation hors de Juba du conflit qui alimente les craintes de guerre civile.

L'Etat du Jonglei fourmille de groupes armés, aux alliances changeantes, et il n'était pas possible de confirmer l'identité des troupes ayant pris la localité.

L'Union africaine a envoyé jeudi une mission de paix composée de plusieurs ministres est-africains au Soudan du Sud.

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a estimé jeudi à Genève que le risque de conflit ethnique était "extrêmement élevé" et s'est dite "profondément inquiète pour la sécurité des civils".

Le scénario d'une guerre civile "apparaît désormais terriblement possible", a estimé l'International Crisis Group (ICG), s'inquiétant de l'extension des violences à des régions déjà en proie à de vives tensions ethniques.

Champ pétrolier attaqué

Human Rights Watch a également accusé les belligérants d'avoir commis des meurtres sur des bases ethniques, à Juba et à Bor.

Selon Joseph Contreras, un porte-parole de la Minuss, environ 3.000 civils étaient réfugiés jeudi à la base onusienne de Bor et un nombre moins important à Pibor, également au Jonglei.

La situation restait peu claire dans le reste du pays, des combats n'étant signalés que dans le Jonglei.

Au moins cinq employés ont été tués mercredi soir dans un champ pétrolier de l'Etat d'Unité (nord) attaqué par des hommes armés non identifiés, selon un responsable du consortium GNOPC qui exploite le champ Unité visé.

Ce responsable était réfugié avec environ 200 employés du secteur pétrolier à la base de l'ONU de Bentiu, capitale de l'Etat. Une autre attaque - non confirmée - y a été signalée sur un autre champ pétrolier.

Il n'était pas possible de savoir si ces attaques étaient liées au conflit politico-militaire ni quelles étaient les conséquences sur la production de pétrole, qui assure 98% des ressources du Soudan du Sud.

Outre ses bases de Juba, du Jonglei et de Bentiu, la Minuss a indiqué héberger des civils dans quatre autres Etats, sur les dix que compte le pays.

A Juba, où les combats ont fait près de 500 morts entre dimanche et mardi, la sécurité était rétablie jeudi mais de nombreux habitants prenaient d'assaut les bus pour gagner leurs villages ou l'Ouganda voisin.

Près de 20.000 habitants restaient réfugiés dans les deux bases de l'ONU dans la capitale.

AFP

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