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Nigeria: le président perd la majorité au parlement après une défection de députés

Le président nigérian Goodluck Jonathan a perdu mercredi la majorité au Parlement après que 37 députés de son parti ont rallié l'opposition, dernières défections en date au sein du parti présidentiel confronté à des divisions sans précédent.

A l'instar des Etats-Unis, le régime politique est présidentiel au Nigeria. Le président pourra donc continuer à gouverner, mais il risque de devoir faire des concessions à l'opposition. Et sa position est affaiblie au sein de son propre parti. 

Dans une lettre présentée par le président de la chambre basse du parlement nigérian, les 37 députés du parti démocratique populaire (PDP, au pouvoir) ont déclaré rejoindre le congrès des progressistes (APC), privant ainsi le PDP de sa majorité.

Les dissidents ont évoqué "des divisions au sein du parti" pour justifier leur choix.

Le PDP, majoritaire à la chambre basse du parlement nigérian depuis la fin des dictatures militaires, en 1999, n'a plus désormais que 171 sièges sur 360.

Le nombre des soutiens du président Jonathan au sein de sa propre formation politique n'a cessé de diminuer ces derniers mois. 

Cinq gouverneurs influents du PDP avaient déjà annoncé leur ralliement à l'APC, principale coalition d'opposition, en novembre.

Officiellement, ses rivaux critiquent Jonathan pour sa mauvaise gestion de l'Etat : la corruption galopante, le chômage toujours élevé et les nombreuses coupures d'électricité. Mais selon les experts, la vraie question qui divise au sein du parti présidentiel est celle du scrutin de 2015.

Le président devrait être candidat à sa propre succession, bien qu'il ne l'ait pas encore annoncé. Mais des factions  au sein du PDP s'y opposent, réclamant qu'il cède la place à un candidat musulman originaire du nord du pays, pour respecter la règle tacite de l'alternance des candidats, entre un natif du Nord majoritairement musulman et un candidat du Sud à dominante chrétienne. 

Goodluck Jonathan est un chrétien originaire de l'Etat de Bayelsa (sud).

Ancien vice-président, il a pris le pouvoir en 2010 après la mort subite de son prédécesseur, Umar Musa Yar'Adua, un musulman du Nord qui n'avait même pas servi trois ans.

Dans les faits, on ignore les conséquences concrètes d'une perte de majorité parlementaire pour le parti présidentiel, cette situation ne s'étant pas produite au Nigeria depuis plusieurs décennies.

Pour Dapo Thomas, professeur de sciences politiques à l'Université de Lagos, c'est d'abord l'image du PDP, en tant que leader naturel du pays, qui est affaiblie.

"Ces défections vont secouer le PDP à la base, jusque dans ses racines", estime-t-il.

Pour le professeur Laja Oduka, qui enseigne dans le même département à l'université de Lagos, l'opposition peut maintenant utiliser la chambre basse du parlement "pour tourmenter le PDP" et peut même aller jusqu'à déclencher une procédure de destitution du président.

"Nous allons certainement assister à un rééquilibrage du pouvoir" au niveau national, pense-t-il.

Le PDP a souvent tenté de minimiser les luttes internes du parti, en dépeignant ses dissidents comme des "fauteurs de trouble", et en remettant constamment en cause la crédibilité de l'APC, une coalition de plusieurs partis d'opposition créée plus tôt cette année.

Pour l'instant, le camp de Jonathan détient toujours 74 sièges sur 109 au Sénat, mais, selon M. Thomas, si le président nigérian y perd aussi la majorité, il va être contraint de faire des concessions majeures à l'opposition.

Depuis l'indépendance en 1960, le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec 170 millions d'habitants et premier producteur de pétrole du continent, n'a pas vraiment connu d'alternance démocratique entre le parti au pouvoir et l'opposition.

AFP

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