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Les chutes Victoria by Jimmy Saville / Wikimedia Commons
Les chutes Victoria by Jimmy Saville / Wikimedia Commons

Retour aux sources pour les chutes Victoria?

Le gouvernement zimbabwéen veut donner un nom africain aux célèbres Chutes Victoria.

Jusqu’où ira le processus d’indigénisation lancé par Robert Mugabe? Après les commerçants étrangers, invités à cesser leur activité, l’inoxydable président du Zimbabwe s’attaque maintenant au patrimoine national. Pour chasser les vieux démons de la colonisation, le leader du Zimbabwe African National Union-Patriotic Front (Zanu-PF, parti au pouvoir), a décidé de changer le nom des chutes Victoria, baptisées ainsi par l’explorateur écossais David Linvingstone en l’honneur de la reine Victoria.

Lors du dernier comité local du Zanu-PF consacré au sport, à la culture, à la religion et à la libération de l’héritage de la guerre, il a été fait part de la volonté de la majorité d’en finir avec le legs colonial, rapporte le quotidien NewsDay.

«Les institutions qui portent un nom colonial devront porter un nom indigène, a déclaré un représentant de Mugabe. Les programmes scolaires devront aussi être modifiés. Il faut que nous enseignions à nos enfants qui sont Mbuya Nehanda, Sekuru Kaguvi, le général Josia Magam Tongogara, et d’autres acteurs de la lutte pour la liberté. […] Il y a une école qui porte encore le nom d’Allan Wilson, c’est une insulte aux vues de ce qu’a fait cet homme à notre pays. David Livingstone ne fut pas la première personne à découvrire les chutes Victoria, elles devront donc porter le nom de Mosi-Oa-Tunya.»

La mesure s’inscrit dans le sillage des modifications opérées au lendemain de l’indépendance d’avril 1980, qui avaient notamment vu l’ancienne capitale de Rhodésie du Sud, Salisbury, devenir Harare. Mais la renommée des chutes Victoria donne à un tel choix une résonance toute particulière. Considéré comme l’une des sept Merveilles du Monde, le parc des Victoria Falls figure parmi les lieux les plus visités d’Afrique australe.

L‘idée d’«indigénisation» n’est pas exclusive du Zimbabwe puisque de nombreux pays d’Afrique ont fait le choix de rebaptiser les endroits qui tirent leur nom de la période coloniale, à commencer par la Zambie et le Mozambique. Depuis 2005, un intense débat anime les rues de Pretoria, sur l’opportunité de renommer la capitale sud-africaine, Pretoria, en Tshwane. L’hypothèse d’un changement  ne manque pas de provoquer des levées de bouclier dans la communauté afrikaner.

Même dans des pays ou les descendants de colons sont moins nombreux, de telles modifications peuvent parfois s’avérer délicates. Mobutu en fit l’amère expérience, lorsque, pour rapprocher l’ex-Congo belge de ses racines indigènes, il exhuma le mot Zaïre de vieilles cartes de la région. Malheureusement pour le jeune chef d’Etat, «Zaïre» serait en fait une déformation du mot «nzadi» —qui signifie fleuve en kikongo— par des cartographes portugais.

Lu sur NewsDay

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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