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Congo: les affrontements de lundi

Vingt-deux personnes ont été tuées dans les affrontements ayant opposé lundi à Brazzaville l'armée congolaise et la garde d'un officier supérieur condamné par la justice, a-t-on appris mardi à l'institut médico-légal.

"Vingt-deux corps (...) nous ont été ramenés du lieu des affrontements", a indiqué à l'AFP un agent de la morgue municipale sous couvert d'anonymat.

La veille, le correspondant de l'AFP à Brazzaville, avait pu voir six cadavres aux abords du lieu de ces combats qui avaient duré plusieurs heures dans le centre de Brazzaville, provoquant une panique dans la capitale.

Concentrés sur la résidence du colonel Marcel Tsourou, les affrontements, à l'arme légère et à l'arme lourde, ont opposé l'armée à la garde de cet ancien secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité (CNS), le service des renseignements congolais.

Condamné en septembre à cinq ans de travaux forcés avec sursis dans l'affaire des explosions meurtrières du 4 mars 2012 à Brazzaville (près de 300 morts officiellement) qui avait fortement ému l'opinion, il s'est finalement rendu lundi.

Selon le général Jean-François Ndenguet, directeur de la police nationale, les affrontements ont commencé à l'occasion d'une perquisition au domicile du colonel Tsourou après qu'un véhicule ayant participé à l'attaque d'une patrouille de police y eut été repéré.

Interrogé par l'AFP, un adjudant de gendarmerie avait indiqué pour sa part que l'armée avait  "reçu mandat du haut-commandement pour déloger" le colonel Tsourou de "la maison de fonction qu'il occupe" bien qu'il ne soit plus membre du CNS

Pour Robert Besseling, expert du cabinet d'analystes IHS, l'arrestation du colonel Tsourou, est le "signe que le gouvernement du président Sassou Nguesso ne s'est pas encore totalement relevé des retombées publiques des explosions" de 2012.

"Les arrestations et poursuites judiciaires qui ont suivi [le drame] ont exacerbé les révalités au sein de l'élite au pouvoir", ajoute-t-il dans une note.

Allié fidèle du président Sassou depuis le retour au pouvoir de celui-ci en 1997, le colonel Ntsourou avait accusé le chef de l'Etat de "s'être servi de lui et des membres de son ethnie, les Téké, comme des boucs-émissaires dans l'affaire des explosions pour éviter d'avoir à en endosser lui-même la responsabilité", indique M. Besseling.

Mardi matin, la situation était revenue au calme dans le centre de Brazzaville, selon le correspondant de l'AFP.

La circulation a repris un cours normal, mais l'affluence des magasins était moins forte que d'habitude, en particulier dans la zone des affrontements de la veille. La présence de membres armés des forces de l'ordre y a néanmoins nettement diminué et les restrictions à la circulation ont été levées.

Les explosions dans le quartier résidentiel de Mpila, le 4 mars 2012, avaient fait officiellement près de 300 morts, plus de 2.300 blessés et 17.000 sans-abri.

En septembre, six militaires ont été condamnés et vingt-six autres acquittés par la justice congolaise dans le cadre de cette affaire. Le colonel Tsourou, plus haut responsable poursuivi, avait été condamné pour complicité d'incendie involontaire et détention illégale d'armes de guerre.

 

AFP

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