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RDC : au moins 21 morts lors d'une attaque contre deux villages dans l'est du pays

Au moins 21 personnes, dont des enfants, ont été tuées, et certains corps mutilés, dans une attaque d'une "extrême brutalité" dans l'Est de la République démocratique du Congo, a dénoncé la Mission de l'ONU dans un communiqué publié lundi soir.

"Au moins 21 corps" ont été découverts dans les villages de Musuku et Mwenda, situés dans le territoire de Béni, dans la province riche et instable du Nord-Kivu, indique la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco).

"Les victimes, dont des femmes et des enfants - dont le plus jeune serait âgé de quelques mois seulement - auraient été tués avec une extrême brutalité, pour la plupart à l'arme blanche, les 13 et 14 décembre », poursuit le texte.

"Trois filles mineures auraient été violées par les assaillants avant d'être décapitées. Le corps mutilé et démembré d'un enfant aurait aussi été retrouvé sur un arbre, dans le village de Musuku", est-il précisé.

La Monusco ne cite pas les auteurs présumés de l'attaque.

La Société civile du Nord-Kivu estime dans un communiqué que "le carnage (a été) perpétré par les rebelles ougandais de l'ADF-Nalu", les Forces alliées démocratiques-Armée nationale pour la libération de l'Ouganda.

La Société civile (association, ONG, syndicats, etc) appelle l'armée congolaise et la Monusco "à engager des opérations de traque contre les (...) ADF-NALU en vue de libérer la zone" de ces rebelles régulièrement accusés d'exactions (meurtres, enlèvements, pillages) provoquant d'importants déplacements de population.

La Monusco, qui a demandé l'ouverture d'une enquête "dans les plus brefs délais", a indiqué qu'elle avait renforcé ses patrouilles dans le secteur et qu'elle "utilisera tous les moyens nécessaires pour assurer la protection des populations".

Le chef de la Monusco, Martin Kobler, cité dans le communiqué de la Mission, a exprimé son "profond dégoût".

"Ces atrocités ne resteront pas impunies, les auteurs ne connaitront pas de répit tant qu'ils n'auront pas répondu de leurs actes devant la justice", a-t-il assuré.

La rébellion de l'ADF-Nalu sévit dans la partie nord de la province du Nord-Kivu, frontalière de l'Ouganda, entre le lac Albert et le lac Edouard.

Elle est née au milieu des années 1990 de la fusion de deux groupes armés opposés au président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986. La composante Nalu a depuis lors disparu mais le mouvement conserve son appellation d'origine.

Aujourd'hui uniquement composée d'islamistes, les forces de l'ADF-Nalu sont dirigées depuis 2007 par Jamil Mukulu, un chrétien converti à l'islam. Les États-Unis les ont placées sur leur liste d'organisations terroristes dès 2001 et Jamil Mukulu est visé par des sanctions de l'ONU depuis 2011, et de l'Union européenne depuis 2012.

En juillet, dans la région de Kamango, une ville située à 80 km de la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu, des combats avaient opposé les rebelles ougandais à l'armée congolaise.

Des dizaines de milliers de personnes s'étaient alors réfugiées en Ouganda. Plusieurs bâtiments publics et l'hôpital avaient été pillés, selon des habitants.

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