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Mali: deux soldats sénégalais tués dans un attentat jihadiste

Un attentat revendiqué par des jihadistes a tué samedi deux soldats sénégalais de l'ONU gardant une banque à Kidal, dans le nord du Mali, au moment où l'armée française mène une vaste opération contre les islamistes armés dans la région.

Cet attentat a été commis à la veille du second tour des élections législatives qui doit sceller le retour à l'ordre constitutionnel, 19 mois après le coup d'Etat de mars 2012 qui avait précipité le Mali dans le chaos.

Un véhicule bourré d'explosifs a foncé sur la Banque malienne de solidarité (BMS) gardée par des soldats maliens et d'autres Africains, de la force de l'ONU au Mali, la Minusma.

Le véhicule "a percuté la porte principale de la banque, tuant, en plus du kamikaze, deux soldats sénégalais de la Minusma et blessant six autres personnes" dont cinq grièvement, a précisé le gouvernement malien dans un communiqué.

Les cinq blessés graves, évacués sur Gao, la plus grande ville du nord du Mali située à 300 km au sud de Kidal, sont trois casques bleus et deux militaires maliens, selon le gouvernement qui "condamne fermement cet attentat terroriste".

Il ajoute que "la déflagration du véhicule a causé des dégâts matériels très importants sur le bâtiment de la banque et endommagé deux véhicules" de la Minusma et de l'armée malienne.

Un jihadiste malien, Sultan Ould Badi, qui a été membre de plusieurs groupes islamistes armés du Sahel, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a, "au nom de tous les moujahidine", revendiqué l'attentat dans un appel téléphonique à l'AFP.

"Cette opération est une réponse aux pays africains qui ont envoyé des militaires pour soutenir le combat de François Hollande en terre d'islam", a déclaré en français Sultan Ould Badi.

"Nous allons répondre dans tout l'Azawad (nord du Mali), et sur d'autres terres (...) par d'autres opérations aux croisades de la France et de ses fonctionnaires qui n'aiment pas l'islam", a-t-il poursuivi.

Dans une lettre de condoléances adressée à son homologue sénégalais Macky Sall, le président François Hollande a écrit que "cet acte odieux ne peut rester sans suite. La France sera à vos côtés pour identifier et arrêter les commanditaires de cette attaque terroriste".

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a condamné "cet acte lâche qui intervient à la veille du second tour des élections législatives au Mali".

Ce scrutin doit parachever le retour à l'ordre constitutionnel au Mali, interrompu par un coup d'Etat qui, le 22 mars 2012, avait précipité la chute du Nord aux mains de groupes jihadistes. Il doit être sécurisé par les soldats français, maliens et de la Minusma.

Vaste opération anti-jihadiste dans le Nord-Ouest

A Kidal, fief des Touareg et de leur rébellion, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), il n'y aura pas de législatives car les quatre députés de la ville et de sa région situées à 1.500 km au nord-est de Bamako, ont été élus dès le premier tour du 24 novembre.

L'attentat de Kidal s'est produit au moment où l'armée française, qui intervient au Mali depuis presque un an pour traquer les groupes islamistes armés, mène depuis plusieurs jours une grande opération anti-jihadistes au nord de Tombouctou (nord-ouest).

Cette opération, qu'à Paris l'armée ne souhaite pas commenter, est une  "très grosse opération militaire, la plus grosse dans la région de Tombouctou depuis la reprise des principales villes du Nord par les forces alliées" au début de l'année, selon une source africaine à Tombouctou.

Au moins une vingtaine d'hélicoptères français et des véhicules au sol y participent, visant Aqmi, a précisé une source militaire malienne. 

"Une vingtaine de jihadistes ont déjà été tués au nord de Tombouctou, et les Français visent actuellement la zone de Taoudéni", à environ 750 kilomètres au nord de la ville, "devenue le refuge des terroristes et des trafiquants de drogue", a ajouté la même source.

Une source militaire française à Bamako avait indiqué mardi que dix-neuf membres d'un "groupe très déterminé" avaient été tués.

Kidal est censée être contrôlée par les forces de l'ONU, les soldats français et les Maliens.

Mais la situation y reste chaotique et des éléments de nombreux groupes armés continuent à y circuler, dont ceux d'Aqmi qui a revendiqué l'enlèvement et le meurtre, le 2 novembre, de deux journalistes français.

Les relations entre le MNLA et le pouvoir de Bamako, qui n'arrive pas à asseoir son autorité dans la ville, sont tendues et des incidents réguliers opposent les Touareg aux soldats maliens présents.

 

AFP

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