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Un utilisateur de Facebook montrant l'application sur son smartphone,  REUTERS/Dado Ruvic
Un utilisateur de Facebook montrant l'application sur son smartphone, REUTERS/Dado Ruvic

Jesuisraciste.com, le site qui traque les racistes

Pourtant, la méthode est sujette à caution et suscite la controverse.

Dénoncer les propos injurieux qui polluent les groupes des différents réseaux sociaux tels que Facebook, voilà la démarche de Jesuisraciste.com, comme l'explique le site de la La Libre Belgique. Si la Toile était devenue le lieu où les racistes s’exprimaient sans craintes de sanctions et sans complexes, aujourd’hui nombreux sont ceux qui pèsent les propos qu’ils publient, de peur de se retrouver sur l’une des captures d’écrans du site. Car il expose les différentes insultes et commentaires haineux publiés par les internautes, photo de profil et nom inclus. C’est pourquoi l'initiateur du site rappel dans quel contexte et comment il a eu accès à ces publications.

«Tous les propos repris sur ce site sont des captures d'écran réalisées sur des groupes Facebook publics. Tout est donc déjà public à la base et ce site n'effectue qu'une citation. Ce n'est pas ma dénonciation qui est illégale. C'est ce que je dénonce qui l'est.»

Malgré un discours ferme, et ce même si leurs pratiques sont légales, depuis sa création, le responsable du site reçoit de nombreuses menaces, qu’il publie avec un malin plaisir. Alors que pour certains auteurs, après mûre réflexion c’est le mea culpa, ils demandent à ce que leur photo soit retirée.

«SVP les amis, je viens juste m'excuser pour le petit truc que j'ai dit (...), je ne suis pas raciste loin de là. (...) J'ai une famille que j'aime. Serait-il possible de supprimer ma photo?»

Si pour le site La Libre Belgique cette méthode porte ces fruits, pour d’autres, il s’agit là de délation. De plus, l’objectivité du gérant est remise en cause, car rares sont les commentaires «anti-blancs» qui sont publiés et les phrases reprises sont souvent sorties de leur contexte. Contacté par la rédaction du site belge, il explique qu’il a juste tenu à exprimer son ras-le-bol et n'exprime aucun remords concernant ses méthodes.

«Cette idée a germé parce que j'ai eu mal de voir tant de haine déversée impunément sur Facebook. La liberté d'expression est un principe inviolable, j'en conviens, mais c'est également ma liberté de citer leurs propos. Je trouve ces gens dangereux et j'avais envie, besoin de pousser ce coup de gueule, de manière sobre, mais fortement discutable. Je ne suis moi-même pas du tout à l'aise avec le principe de poster photo et nom des gens. Mais la fin justifie les moyens, ces informations étant de toute façon visibles dans les groupes Facebook néo-fascistes où je fais mes courses», a-t-il déclaré avant de préciser qu’il travaille seul en surveillant «Facebook à la recherche de ces appels à la haine et la violence. Maintenant, depuis le ramdam qu'a provoqué la création du site, j'en reçois aussi beaucoup par e-mails».

Lu sur La Libre et sur Jesuisraciste.com

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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